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160 détenus s’évadent pendant l’attaque de leur prison du nord-ouest du Cameroun

Au moins 160 détenus se sont évadés dans la nuit de samedi à dimanche à la faveur de l’attaque de leur prison dans la région anglophone du Nord-Ouest par des hommes armés, a confié une source administrative à VOA Afrique.

L’attaque sur la prison de Ndop, située à 32 kilomètres de Bamenda, principale ville de cette région, a provoqué une évasion.

« Ce dimanche 29 juillet 2018, des individus armés estimés à une cinquantaine ont pris d’assaut la prison de Ndop », a confirmé William Emvoutou Benoît, préfet du département du Ngog-Etundja dont Ndop est le chef lieu.

Le procureur de la République s’est rendu sur place et a constaté que « la majorité des 165 détenus s’est évadée », a confié une source du judiciaire du nord-ouest du Cameroun à VOA Afrique.

« Les assaillants n’ont pas pu défoncer l’entrée principale de la prison, mais sont parvenus à incendier presque tous les bâtiments », rapporte le préfet.

« Ils ont tout pris dans la prison avant de l’incendier », a ajouté une source de sécurité ayant requis l’anonymat.

Les détenus qui n’ont pas pu s’échapper ont été transférés à la prison de Bamenda, sur ordre du procureur de la république du nord-ouest.

Les détenus « qui reviennent volontairement » seront transférés à la prison de Bamenda, le chef-lieu de la région, selon le préfet qui a ajouté que des opérations étaient en cours pour retrouver les évadés.

C’est la première fois depuis le déclenchement de la crise anglophone fin 2016 qu’un nombre aussi important de prisonniers réussissent à s’évader à la suite de l’attaque d’un établissement carcéral.

La sécurité dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, s’est considérablement dégradée depuis fin 2017.

Les combats y sont devenus quotidiens entre les forces de sécurité et des séparatistes armés réclamant la création d’un Etat anglophone indépendant.

Ce conflit armé de plus en plus violent en zone anglophone et celui contre le groupe jihadiste Boko Haram dans le nord du pays risquent de perturber le scrutin présidentiel prévu le 7 octobre.

Le président Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, est candidat à un septième mandat consécutif.

Ses partisans estiment qu’il est le mieux à même de répondre à la crise anglophone, ses opposants l’accusent d’en être responsable.

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