Le régime militaire nigérien a affirmé samedi reprendre progressivement le contrôle à Niamey, après plusieurs heures de tirs et de détonations autour de secteurs sensibles de la capitale. Selon le ministère de la Défense, un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire a retenu certains de ses camarades dans la caserne de la base 101 et a ouvert le feu sur plusieurs sites de la ville.
Les forces de défense et de sécurité ont, selon les autorités, contenu ce mouvement. Le ministre de la Défense, Salifou Mody, a appelé les habitants au calme et à poursuivre leurs activités. En fin de matinée, un habitant du quartier de Yantala, proche de la présidence, a rapporté que les tirs avaient cessé, tandis qu’un important dispositif militaire bloquait les accès au secteur.
Des mutins retranchés près de l’aéroport
Une source sécuritaire régionale, confirmée par une source diplomatique africaine, a indiqué que les mutins étaient retranchés dans la base aérienne attenante à l’aéroport. Leurs revendications n’étaient pas connues.
Une source sécuritaire basée en Afrique de l’Ouest avait auparavant fait état d’une tentative d’entrée au palais présidentiel par des insurgés issus des forces armées. Elle a indiqué que la garde présidentielle les avait repoussés. Un diplomate africain à Niamey a également assuré que cette garde était, à ce stade, restée loyale au général Abdourahamane Tiani.
Tirs entendus durant la nuit
D’après plusieurs habitants, les coups de feu et explosions ont débuté vers 1 heure du matin et se sont prolongés dans la matinée, notamment près de l’aéroport et de la présidence. Le signal de la télévision publique a aussi été interrompu pendant un peu plus d’une heure, avant de revenir vers 10 heures.
La base 101 se trouve dans le complexe de l’aéroport international. Elle accueille notamment le quartier général d’Africa Corps, partenaire russe de Niamey, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel, qui réunit le Niger, le Burkina Faso et le Mali.
Un contexte sécuritaire déjà tendu
Il s’agit de la troisième occurrence d’échanges de tirs à Niamey cette année. Les épisodes de janvier et de juin avaient été attribués à des attaques jihadistes visant l’aéroport et la base militaire, repoussées en quelques heures. Le Niger est dirigé par le général Tiani depuis le renversement de Mohamed Bazoum en juillet 2023.
L’Algérie a condamné les événements et exprimé sa solidarité ainsi que son soutien aux autorités nigériennes.