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BAISSE PROGRESSIVE DES SURFACES AGRICOLES À DAKAR : UNE ENQUÊTE SONNE L’ALERTE

Intitulée « Les exploitation familiales de Dakar peuvent-elles nourrir la région », cette étude est le fruit d’un partenariat entre l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (CICODEV), le GRDR (Groupe de recherche et de réalisation pour le développement rural dans le Tiers-monde) Migrations-citoyenneté-développement et le conseil départemental de Rufisque. Elle a pour objectif de mesurer la contribution des exploitations agricoles familiales à la sécurité alimentaire dans la région de Dakar.
 « Pendant notre enquête dans les départements de Dakar, plusieurs problèmes ont été relevés par les exploitants agricoles. Parmi ceux-ci, on peut retenir la baisse progressive des surfaces cultivables », a notamment déclaré Kader Anta Ngom, un des chargés de cette étude. Selon Ngom qui en présentait les résultats, dans le département de Rufisque, par exemple, « la réduction progressive des exploitations familiales a été déplorée à hauteur de cent pour cent d’exploitants agricoles interrogés ».  De même, des préoccupations similaires ont été dénoncées notamment dans le département de Dakar (92%), à Guédiawaye (90%) et 82% à Pikine.
 Selon ses auteurs, les résultats de l’étude axée sur le diagnostic et les enjeux de la problématique de l’agriculture familiale (maraichage, aviculture et horticulture) dans la région de Dakar constituent une préoccupation pour les responsables de domaines agricoles familiaux et autres groupements à vocation agricole. « Depuis 1984, nous exploitons quelques hectares à Guédiawaye dans la zone des filaos. Mais depuis quelques années, nos terres se rétrécissent sans cesse. Et malgré nos démarche au niveau de la municipalité, les choses s’empirent de jour en jour » se désole Safitéou Diallo, président du réseau « Souxali mbèèy » basé à Guédiawaye. Dans cette zone, ajoute-t-elle dans des propos rapportés par cette étude, les activités agricoles « sont toujours et de plus en plus agressées par la prédation foncière ». « D’ici quelques années peut être qu’il n’y aura peut-être aucune terre cultivable sur cette bande des filaos, tellement que les gens construisent à une vitesse sans précédent », souligne Safiétou Diallo.
 Aussi, le responsable du réseau « Souhali gokh » de Sangalkam (département de Rufisque) a invité les autorités publiques à veiller davantage à la préservation de ce qui reste des terres cultivables en milieu urbain de Dakar. « En Europe, les richards sont les paysans. Les autorités doivent prendre ce problème à bras le corps et le régler définitivement. Ce problème de l’exploitation foncière à Dakar est plus qu’une menace pour les agriculteurs », a souligné de son côté Mamadou Barry. Le directeur exécutif de la (CICODEV), Amadou Kanouté, préconise lui des solutions en vue de préserver les zones cultivables. « On ne peut pas continuer à transformer des zones agricoles en zones immobilières. Il faut aller vers la création des zones spécifiques, selon les activités, qu’elles soient agricoles, immobilières ou autres », a-t-il notamment suggéré.
 Toutefois, le représentant de la tutelle a rappelé qu’il « y a bel et bien des mesures d’encadrement » mises en place par le gouvernement dans le cadre de la préservation des surfaces cultivables en milieu urbain de Dakar. « Sur la base de consensus avec les collectivités locales, l’Etat travaille à rechercher des solutions idoines pour remédier à cette situation. Il est clair que pour les politiques publiques qui entrent dans le cadre de la professionnalisation, il doit y avoir une stratégie nationale de sauvegarde des terres à usage agricole », a souligné Ndéné Lô, représentant du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural. Il reste que cette même enquête révèle que de l’autoconsommation relève d’une agriculture passée à une vocation commerciale, ce qui fait que les jeunes ne s’intéressent pas à ce type d’agriculture au regard de la tranche d’âge des pratiquants enquêtés (47 ans).
Source : APS

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