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Départements de Louga et de Dagana : La pêche continentale peine à sortir la tête de l’eau

Jadis florissante à Keur Momar Sarr, dans le département de Louga et à Mbane dans le département de Dagana, la pêche continentale, à l’image des deux centres de pêche qui y sont installés, est tombée dans la déliquescence pour de nombreuses raisons. Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, en visite dans ces zones, a promis que son département prendra les mesures nécessaires pour redonner à cette activité son lustre d’antan.

Le Centre de pêche de Guidick, situé à 25 kilomètres du centre de Keur Momar Sarr, ne paie pas de mine. Posé sur une dépression dunaire, le bâtiment ploie sous le poids de l’âge. Il ne dispose pas d’électricité et du minimum d’équipements de bureau. Malgré les efforts pour le réhabiliter, il y a deux ans, le premier centre de pêche du Sénégal dont l’inauguration date de 1958 peine à retrouver une nouvelle jeunesse. L’infrastructure d’un étage surplombe le village et permet d’avoir une vue saisissante et captivante du lac de Guiers qui dessine, par ici, une conurbation avec, par endroit, des plantes de typhas et de salades d’eau douce qui tapissent sa surface. Sur la berge, la seule ouverture qui permet d’accéder au lac, pas l’ombre d’un débarcadère, juste une aire de transformation où les femmes, de temps à autres, viennent travailler les maigres prises. Le centre est chargé du contrôle et de la surveillance de la pêche dans l’arrondissement de Keur Momar Sarr, mais paradoxalement, il est dépourvu presque de tout. Le chef de centre n’a, à sa disposition, qu’une petite vedette de surveillance d’un autre âge. Pour ses déplacements, par exemple jusqu’à Syer, chef lieu de la commune distante de 3 kilomètres, Aubin Vivien Natanghel est obligé de marcher. Il n’a ni véhicule, ni moto.

Le centre de pêche de Guidick n’est en réalité qu’à l’image de la situation de la pêche continentale à Keur Momar Sarr. Elle est à l’agonie. Victime de la surpêche, du non respect des normes de pêche, du manque de moyen des acteurs et de l’envahissement du Lac par les plantes de typhas, elle ne nourrit plus correctement les centaines d’hommes et de femmes qui en avaient fait leur principale activité. Tout un chapelet de complaintes et de doléances que les responsables des pêcheurs ont égrenées, samedi dernier, devant le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, en tournée dans le nord du pays pour visiter les infrastructures et sites de la pêche continentale et de l’aquaculture ainsi que les sites identifiés pour abriter de nouveaux projets.

Si le maire de la commune de Syer, Sidy Dior Kâ plaide pour la réalisation d’un débarcadère et l’électrification du village, la représentante des femmes, Dieumb Diop s’est attardée sur l’octroi de financements et la mise à leur disposition d’une chaîne de froid pour éviter le vendange des poissons. Ismaëla Ndiaye, président du Comité local de pêche, outre la baisse des prix des permis de pêche et le renforcement des moyens de surveillance et de contrôle du centre de pêche, il a insisté sur l’empoissonnement du Lac. « Auparavant, le lac était poissonneux, il suffisait de goûter à l’eau pour sentir le goût du poisson. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, alors nous souhaitons le repeuplement du lac », a-t-il formulé.

Le ministre n’est pas resté insensible à la situation que vit la pêche continentale à Keur Momar Sarr. Après avoir expliqué la politique globale du gouvernement de faire du Sénégal, un pays émergent à l’horizon 2035, Oumar Guèye a indiqué qu’il compte tout mettre en œuvre pour que la pêche continentale retrouve des couleurs. Comme mesure immédiate, il a été mis à la disposition du chef de centre une moto pour lui faciliter les déplacements. Le ministre a annoncé l’affectation de deux nouvelles embarcations motorisées en vue de renforcer le contrôle et la surveillance de la pêche et la réfection du Centre de pêche. Oumar Guèye a également déclaré que le programme des complexes frigorifiques va bientôt redémarrer.

Mêmes maux à Mbane
A Mbane, dans le département de Dagana, la situation n’est pas plus reluisante. Ici aussi, la pêche continentale vit des moments difficiles qui se reflètent sur l’état des bâtiments du centre de pêche. Un pan du mur de clôture s’est affaissé, l’aire de stockage à l’abandon est colonisée par les herbes, les étangs piscicoles se sont asséchés. Et comme son collègue de Guidick, le chef du centre de pêche datant de 1962 ne dispose pas de la logistique adéquate pour mener à bien sa mission de surveillance et de contrôle. Cela est d’autant plus préjudiciable que la pêche illicite fait des ravages dans cette partie du lac, souligne Omar Guèye Sall, porte-parole des acteurs de la pêche de Mbane. Le vieil homme est nostalgique de l’époque où le centre de pêche de Mbane recevait des stagiaires de Bakel pour se former.

Pour le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, ce centre doit retrouver sa vocation originelle. Il a annoncé qu’il sera réfectionné et redynamisé. Oumar Guèye a promis d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des pêcheurs de la zone notamment en ce qui concerne les techniques de pêche illicites auxquelles s’adonnent quelques individus. Dans une logique plus globale de restructuration de ce sous-secteur, le ministre a indiqué que le Code de la pêche continental est en bonne voie.

Des actions pour une pêche plus moderne
L’Etat du Sénégal déploie beaucoup d’efforts pour booster le secteur de la pêche et lui faire jouer son rôle de porteur de croissance et pourvoyeur d’emplois. Cet esprit sous-tend, selon le ministre Oumar Guèye, les actions posées comme la subvention d’un million de FCfa accordé pour tout achat de moteur. Le prix du carburant utilisé par les pêcheurs a été subventionné à hauteur de 7 milliards de FCfa par an. Les gilets de sauvetage ont été subventionnés et coûtent 2500 Fcfa l’unité. La pêche maritime débarquant, chaque année, près de 450.000 tonnes de produits de la mer, l’Etat a pensé améliorer le cadre de travail. En moins de trois ans, pas moins de sept quais de pêches ont été construits ou sont en cours de construction. Celui de Potou, dans la région de Louga, doit être inauguré le 25 mars prochain par le chef de l’Etat. Des aires de transformation modernes ont également été réalisées. Dans cette même dynamique, le ministre Oumar Guèye a annoncé la reprise du programme des complexes frigorifiques.

De notre envoyé spécial, Elhadji Ibrahima THIAM

lesoleil.sn

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