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DES CONSEILLERS MILITAIRES IRANIENS À DOHA : Un casus belli pour l’Arabie saoudite

Est-ce que des livraisons d’armes iraniennes sauveraient le Qatar en cas de conflit militaire avec l’Arabie saoudite, en prenant en compte le fait que les effectifs militaires de Riyad dépassent de 20 fois celles de Doha ? Dès le début de la crise du Golfe, Téhéran a soutenu Doha en lui fournissant des produits alimentaires après la mise en place de sanctions par des pays arabes sous l’égide de l’Arabie saoudite. Certains observateurs n’excluent même plus la possibilité d’une aide militaire et militaro-technique accordée à Doha par Téhéran. «L’Iran a immédiatement apporté son soutien au Qatar. Une conversation téléphonique entre l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et le Président iranien Hassan Rohani a eu lieu. Le Président iranien a assuré à son interlocuteur que l’Iran serait «aux côtés du Qatar». Mais sauveront-ils le Qatar avec d’hypothétiques livraisons d’armes en cas de conflit, même contre la seule Arabie saoudite ? C’est une grande question», a souligné M. Sazhin, spécialiste de l’Iran.

Le nombre officiel de militaires qataris ne dépasse pas les 13.000 hommes, 324.000 en comptant les réservistes et la population mobilisable. Par comparaison, les effectifs des forces armées de l’Arabie saoudite sont d’environ 220.000 soldats, avec un réservoir de presque 6 millions de personnes. Par conséquent, même si Téhéran se décide à envoyer des conseillers militaires ou des volontaires au Qatar, cela ne jouerait pas un rôle décisif, en prenant en compte la supériorité numérique de l’armée saoudienne et le fait que l’Iran lui-même prend actuellement part à certains conflits en cours, y compris au Yémen, en Syrie et en Irak. De plus, la fourniture d’armes et l’envoi de spécialistes militaires à Doha de la part de l’Iran serait un casus belli pour Riyad, c’est-à-dire une raison légitime pour déclarer la guerre. Mais la question est de savoir si les Saoudiens utiliseront leur avantage militaire ? Selon l’expert, c’est peu probable du fait des liens privilégiés entre la Turquie, membre actuel de l’Otan, et le Qatar.

Mais les experts militaires devraient tout de même prévoir des scénarios, même improbables. L’un de ces scénarios serait un affrontement entre la coalition anti-Qatar et la combinaison des forces armées du Qatar, de la Turquie et de l’Iran. Mais ce serait une catastrophe non seulement régionale, mais aussi universelle. Il ne faut pas oublier que le Qatar abrite la base aérienne américaine d’Al-Udeid, la plus grande base militaire des États-Unis dans la région. Tandis que simultanément, au Bahreïn, qui est un allié de l’Arabie saoudite dans la confrontation avec le Qatar, est stationnée le 5ème Flotte américaine. Que Dieu ne laisse pas exploser cet enchevêtrement complexe en conflit interarabe, en même temps que le conflit arabo-iranien et entre chiites et sunnites. Car cela peut créer une nouvelle zone de combats sanglants avec des conséquences imprévisibles, a conclu Sazhin.

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