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Drogue : Appel de Dakar à l’engagement pour la réduction des risques

Non aux lois criminalisant la consommation de drogues injectables. Oui à une approche de santé de publique et de respect des humains des CDI. C’est ce que préconise en substance l’Appel de Dakar pour la réduction des Risques. Cet appel de Dakar à l’engagement, discuté ce lundi 10 septembre, à l’occasion d’une consultation régionale en vue d’adopter une déclaration d’engagement dénommé Appel de Dakar à l’engagement pour la réduction des risques. sera présenté ce mardi 11 septembre 2018 à l’occasion d’une Rencontre de Haut Niveau sur la Réduction des risques liés à la consommation des drogues injectables en présence du président Obasanjo, ancien président du Nigéria et président de la Commission Ouest africaine sur les drogues.

Ci-dessous, nous vous proposons, le discours de la Directrice de l’ANCS lors de la Consultation régionale en vue d’adopter l’Appel de Dakar.

Discours de la Directrice exécutive de l’ANCS

Madame la représentante du Fonds Mondial de Lutte contre le VIH, la Tuberculose et le Paludisme,
Madame la Secrétaire Exécutive du CNLS,
Honorables Parlementaires,
Monsieur le Représentant du Garde des Sceaux,
Messieurs les présidents des CCM des pays membres du PARECO et des pays non encore membres,
Mesdames Messieurs les représentants des SR et PMOs du PARECO,
Mesdames Messieurs les experts et consultants sur les questions de RDR et pourvoyeurs d’assistance technique dans le cadre du PARECO,
Chers partenaires et Honorables invités

Cette journée du 10 septembre 2018 est pour moi une journée mémorable.

D’abord en tant que Directrice Exécutive de l’ANCS ayant la lourde tâche de conduire à bon port, avec mon équipe et nos collègues et partenaires régionaux et nationaux, le 1er projet régional de réduction de risques financé par le Fonds mondial en Afrique de l’Ouest.

Ensuite en tant que militante de première heure de la riposte contre le VIH, la Tuberculose et les comorbidités associés.

Et enfin en tant que farouche défenseuse des Droits humains des populations clés en général et des consommateurs de drogues injectables en particulier (CDI).

En effet, à l’instar de vous tous ou de la plupart d’entre vous, je demeure ancrée dans ma conviction profonde que la dynamique de l’épidémie à VIH et ses corollaires va dépendre, dans les années à venir, du niveau d’attention que nous accorderons à la problématique de la consommation des drogues injectables dans nos pays respectifs.

Si nous voulons atteindre les « 90X90X90 » et procéder à l’élimination du VIH en 2030 tel que définit dans l’agenda mondial, nous devons absolument et impérativement accorder aux CDI une place centrale dans nos interventions.

Accorder aux CDI une place centrale dans nos interventions, c’est aider les pays à disposer de données factuelles sur ces derniers à travers la recherche opérationnelle, les cartographies, l’estimation de la taille des CDI dans chaque pays et les enquêtes bio comportementales.

Accorder aux CDI une place centrale dans nos interventions, c’est renforcer sans relâche les capacités des acteurs communautaires, de santé et de la chaîne judicaire pour ainsi créer une masse critique d’acteurs potentialisés sur la problématique RdR et capables de changer la donne et faire la différence.

Accorder aux CDI une place centrale dans nos interventions, c’est questionner l’environnement social et juridique afin d’apporter les réponses idoines aux dysfonctionnements qui alimentent la stigmatisation et la discrimination des CDI dans nos communautés et accentuent les barrières à l’accès aux soins et aux traitements.

Accorder aux CDI une place centrale dans nos interventions, c’est enfin initier et développer des modèles innovants (outreach, coopération avec les forces de sécurité, interventions en milieu carcéral, prévention des overdoses avec la nalaxone, etc.) et ainsi adresser de la manière la plus efficace possible les besoins réels et fondamentaux des CDI.

Dans notre commune volonté de cheminer ensemble et de mettre nos expertises plurielles et diversifiées au service des CDI et de faire ainsi avancer la riposte contre le VIH et les comorbidités associées, nous nous étions donnés rendez-vous, il y a un an de cela, à Saly, au mois de septembre 2017, et nos assises nous avaient permis de bâtir ensemble, avec l’appui de nos consultants -à qui je rends ici un vibrant hommage-, le «Consensus de Decameron ou encore le consensus du PARECO ».

Ce consensus, n’est rien d’autre que l’accord que nous avions eu ensemble sur chacun des éléments de notre « Guide d’Orientation sur la réduction des Risques chez les CDI en Afrique de l’Ouest et du Centre » dont vous trouverez un exemplaire dans la langue du participant dans vos dossiers.

Ce consensus, c’est aussi l’accord que nous avions eu de lancer notre « Guide d’Orientation sur la réduction des Risques » en la couplant à une « Déclaration d’engagement sur la RdR » à l’occasion d’une « Rencontre de haut niveau sur la RdR » avec les pays PARECO et non PARECO.

Cette rencontre de haut niveau, aura bien lieu demain le 11 septembre 2018, au Radisson Blu, en co-organisation avec la Commission Ouest Africaine sur les drogues (WACD).

Cette rencontre de haut niveau, est pour nous tous et pour tout un chacun une opportunité unique.

Opportunité de dire NON aux lois criminalisant qui ne marchent pas !

Opportunité de s’engager et d’engager nos pays en faveur de la RdR en signant la déclaration d’engagement du PARECO.

Vous comprendrez donc aisément l’importance capitale de cette journée du 10 septembre ici, à l’hôtel ONOMO, dont l’objectif principal est de partager le draft de la déclaration d’engagement élaboré en lien avec notre Guide d’Orientation sur la Réduction des Risques chez les consommateurs de drogues Injectables au niveau régional.

Notre déclaration d’engagement sur la RdR, une fois stabilisée, ici à ONOMO, entre nous, sera présentée demain, au Radisson, lors de la grande réunion coorganisée avec la WACD.

Il est donc crucial que nous ayons aujourd’hui, en notre sein, un consensus sur son fond et sa forme et que nous soyons au même niveau de compréhension et d’appropriation quant à son importance.

En adhérant à la déclaration d’engagement, en se l’appropriant, en portant son plaidoyer, nous nous engageons tous à l’unisson à donner corps à notre vision commune d’une Afrique où la dimension humaine prime le pas sur la répression, où la prévention, la thérapie et la RdR elle-même sont les piliers égaux d’une approche plus équilibrée pour appréhender la problématique de la drogue dans toute sa plénitude.

En la portant, nous rappelons, assez opportunément, à nos Gouvernements, qu’ils ont ratifié les Conventions de 61, 71 et 88 sur les drogues. Lesquelles, en soi, constituent des ouvertures pour la réduction des risques.

La signature de la déclaration d’engagement va nous permettre de changer la posture actuelle dans nos Etats, où les pesanteurs socioculturelles accentuent le maintien du statu quo, et d’initier un processus ambitieux et irréversible vers l’application effective de la RdR dans toutes ses dimensions dans nos pays. Le guide d’orientation est gracieusement offert aux pays à ces fins.

J’ose espérer que nos travaux de cette journée seront fructueux et que nous dégagerons ensemble les voies et moyens d’engager nos pays dans la signature de notre déclaration d’engagement.

Dans cette perspective, nous avons tous un rôle à jouer et des responsabilités à faire prévaloir.

La journée du 12 septembre, à l’ANCS, pour celles et ceux qui auront l’opportunité d’y participer, nous permettra ensemble de poser les jalons des prochaines étapes lesquelles devront accorder une place de choix au plaidoyer dans les actions prioritaires ciblées pour être menées au niveau pays.

Je voudrais, avant de terminer mon propos, remercier toutes les délégations, les partenaires techniques qui nous accompagnent depuis l’avant conception du PARECO, LICIT pour son engagement sans faille et les autorités sénégalaises.

Mention spéciale à la Secrétaire Exécutive du CNLS, une combattante, militante des premières heures au coté des acteurs de la Société Civile dans la définition des stratégies, dans la recherche des partenaires mais aussi dans la mobilisation des ressources financières. Qu’elle trouve ici l’expression de la reconnaissance des acteurs de la société Civile.

Mes remerciements s’adressent particulièrement au Fonds mondial, ici représenté par son Porte Folio Manager pour avoir accepté de nous octroyer un budget de 5 millions 892 724 Euros pour ce projet.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Seneweb

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