Au moins 633 personnes ont été tuées et près de 3.000 sont portées disparues après la crue dévastatrice survenue mercredi dans l’Himalaya, à la frontière entre le Népal et la Chine. Les opérations de recherche et d’évacuation se poursuivaient samedi, dans un environnement rendu particulièrement dangereux par la pluie, les routes coupées et les risques de nouvelles coulées.
Au Népal, l’autorité chargée des situations d’urgence a recensé 626 morts et 2.426 disparus, parmi lesquels figurent plus de 500 touristes étrangers. En Chine, sept corps ont été retrouvés et 556 personnes restaient introuvables, selon un bilan officiel présenté comme provisoire.
Des secours freinés par la météo et le relief
Les chances de retrouver des survivants diminuent, alors que les équipes restent mobilisées de part et d’autre de la frontière. Les recherches avaient été interrompues vendredi à cause d’alertes sur de possibles nouvelles coulées, avant de reprendre après leur levée.
En Chine, 2.141 secouristes et 86 spécialistes chargés de surveiller les risques géologiques ont été déployés. Un peu plus de 500 sauveteurs ont atteint, avec difficulté, le cœur de la zone touchée près du poste-frontière de Gyirong. La pluie, le relief escarpé, les voies d’accès interrompues et le risque de débordement d’une retenue d’eau compliquent leur progression.
Au Népal, les secours tentent également de rejoindre une centaine d’ouvriers bloqués dans un tunnel du chantier du barrage hydroélectrique de Trishuli-3. Environ 80 militaires et policiers s’emploient depuis vendredi soir à ouvrir un accès. L’Inde et la Chine ont envoyé des équipes spécialisées pour appuyer cette opération, perturbée par les mauvaises conditions météorologiques.
Des dégâts majeurs et un appel à l’aide internationale
À Nuwakot, au Népal, les images montrent notamment des rues couvertes de boue et des véhicules ensevelis. Un rescapé évacué par hélicoptère a rapporté que les habitations situées près de la rivière Budhigandaki avaient été emportées.
Selon la Croix-Rouge, jusqu’à 93.000 personnes pourraient avoir été affectées au Népal. Le pays a lancé un appel à une aide financière et technique internationale, demandant notamment des drones de levage, des kits de tests ADN et des capacités de stockage frigorifique pour les corps.
L’Union européenne a annoncé une aide de 2 millions d’euros, tandis que le Canada prévoit 5 millions de dollars canadiens, soit 3,1 millions d’euros. Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a évalué le coût de la reconstruction des régions et infrastructures sinistrées à plusieurs milliards de dollars. En Inde, l’État himalayen de l’Uttarakhand a indiqué renforcer la surveillance des glaciers et des lacs glaciaires de la région.