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Ils sont de potentiels candidats à la Présidentielle de 2019 : et partagent en commun ce mignon handicap

Refusant de se tailler le costume d’un « altopé » (suiviste), dans la peau duquel Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng semblent se plaire, beaucoup d’acteurs politiques sont crédités d’un rêve commun : succéder, en 2019, à Macky Sall. Ambition noble et légitime pour tout homme politique.

Pour autant, Pape Diop, Karim Wade, Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye, Aliou Sow, Habib Sy, Malick Gackou, Abdoul Mbaye, Khalifa Sall….devront faire le saut vers l’inconnu.
Car, lors de la prochaine Présidentielle, s’ils maintiennent leur dur désir de succéder à l’actuel locataire du Palais, ils iront à la quête des suffrages des Sénégalais, sans pouvoir revendiquer une quelconque légitimité au plan national.
Pis, certains parmi eux qui régnaient en « seigneurs » sur un empire d’adulateurs dans leurs fiefs respectifs, se sont mués, au fil des dernières élections, en simples « mortels ».
On ne le dira jamais assez ! Ils seront nombreux à vouloir succéder à Macky Sall, candidat à sa propre succession, à la Présidentielle de 2019.
Sauf tremblement de terre, Pape Diop n’est pas sûr de récupérer sa caution
Ancien maire de Dakar, président du Sénat et ex-argentier du Parti démocratique sénégalais (Pds) durant les années de vaches maigres, Pape Diop a été de tous les combats de la formation politique de Me Abdoulaye. Jusqu’à la défaite du 25 mars 2012 qui coïncide avec l’arrivée de Macky Sall au pouvoir.
Ayant très tôt compris que, dans les veines de Wade, a longtemps coulé le sang d’une dévolution monarchique du Pds en faveur de son fils-adoré Karim Wade, Pape Diop va le voir et, de vive voix, confient des sources de Actusen.com, pour lui demander de confier le Pds. Wade refuse. Pape Diop le quitte et tourne le dos à son Parti de toujours.
Quelques mois seulement après cette débâcle, le Pds se fissure. Oumar Sarr nommé Coordonnateur nationale, les voix des faucons se lèvent. Pape Diop, Mamadou Seck, ancien président de l’Assemblée nationale et Moustapha Guirassy, Thierno Lô, Bécaye Diop (Forces Armées) entre autres, mettent en place, la Convergence Libérale « Bokk Guis Guis ». Pour contrecarrer la liste du Pds aux élections Législatives de 2014.
A Dakar où il était adulé, Pape Diop a perdu la face. Khalifa Sall et Diouf Sarr sont arrivés. La capitale n’est plus sa chasse-gardée. N’empêche, l’ancien édile de la capitale sénégalaise garde aujourd’hui plus qu’hier son dur désir de présider aux destinées du Sénégal. Et assisterait, sauf tremblement de terre, au soleil électoral, lors de la Présidentielle de 2019.
Pour autant, Pape Diop n’est pas sûr de récupérer sa caution. En effet, l’homme n’est pas connu au plan national. En attestent ses tournées politiques qui n’ont pas, forcément, drainé les foules des grands jours. Lesquelles sont susceptibles de lui ouvrir, comme il en rêve, les grilles du Palais. Mais ce n’est pas seulement qui pourrait broyer du noir, dans la course vers le fauteuil présidentiel.
Pourquoi Karim Wade n’est pas si certain d’assister au soleil électoral de 2019
Officiellement, il est déjà le candidat du Parti démocratique sénégalais à la Présidentielle de 2019. Mais officieusement, beaucoup doutent encore de la sincérité de la candidature de Karim Wade. En effet, beaucoup craignent que condamné à six ans ferme et à 138 milliards F Cfa par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) dans le cadre de la traque des biens mal acquis, le fils de l’ancien Président Abdoulaye Wade pourrait voir sa caution confisquée par le régime de Macky Sall en guise de remboursement d’une partie des dommages et intérêts liées à sa condamnation.
A cela s’ajoute le fait que Karim Wade n’est pas libre de venir au Sénégal, quand l’envie l’en démange, comme, du reste, le révélait en exclusivité Actusen.com, il y a de cela plusieurs mois. Ce que le Pds et son propre père confirment, en parlant d’exil forcé. Ainsi, si sa candidature devait être rangée dans les tiroirs décatis de l’oubli, le Pds devrait accoucher d’un Plan B.
Mais même à supposer que Karim pouvait être le prochain candidat du Pds à la Présidentielle de 2019, il y a le fait que tous les responsables libéraux n’accepteraient point de se mettre au garde-à-vous, lorsque Wade-fils traîne sa silhouette. Sans compter le fait que le fiston de l’ex-Président, qui vit au Qatar depuis son élargissement de prison à la faveur d’une grâce présidentielle, n’a aucun vécu, en termes d’élection. La seule expérience aux Locales de 2009 avait viré au cauchemar pour lui et son père.
Si le charme se lève à l’est, Oumar Sarr se réveille à l’ouest
Longtemps seigneur dans le Walo où il est affectueusement, appelé « Gaïndé Waalo », Oumar Sarr a régné sur le département de Dagana depuis 1996. A la suite de la défaite du Pds en 2012, il a souffert en 2014 pour gagner les élections législatives et les dernières locales dans son fief. Bousculé et balloté dans le département par le Parti présidentiel, l’Alliance pour la république (Apr) conduit par Mankeur Ndiaye, Makhtar Cissé entre autres, celui qu’on appelle Gaïndé Waalo n’a gagné que la commune de Dagana.
Pis, au référendum du 20 mars, une simple consultation devenue une élection ayant occasionné une rivalité entre parti au pouvoir et opposition, le maire de Dagana a été (battu).
Alors qu’on lui prête, aujourd’hui, à tort ou à raison, la posture du plan B du Pds, à défaut de l’acceptation de la candidature de Karim Wade, le score d’Oumar Sarr ne cesse de dégringoler au fil des consultations. Son image, aussi, ne passe pas, au sein de l’opinion. Du fait d’un manque de charisme.
Aliou Sow : à part son verbe, rien de plus
«Ma seule ambition est de devenir Président de la République. Toute autre chose qui se produit entre la réalisation de cette ambition, n’est perçue que comme moyen de participation à son atteinte», déclarait l’ancien ministre de la jeunesse et des Collectivités locales de Me Abdoulaye Wade.
Né dans le département de Kaffrine, on ne lui connait pas un seul bastion électoral sérieux. Digne du nom ! A Kaffrine où à Mbirkilane, il n’est pas connu en tant qu’homme politique de terrain. Brillant intellectuel, Aliou Sow l’est. Nain politique, il l’est d’autant plus.
Journaliste de formation, le verbe facile en bandoulière fait son fort. Mais Aliou Sow ne pèse pas lourd. Avec son Mpc/Liggey, inconnu des Partis susceptibles de faire trembler ses concurrents directs, il va devoir batailler ferme, s’il veut devenir Président de la République du Sénégal.
Abdoul Mbaye : une base affective, le « toubab » n’en connaît pas. Même en rêve !
C’est le « toubab » de la galaxie. Banquier de formation, Abdoul Mbaye, qui a vécu longtemps en Europe, où il a fait ses études, ne maîtrise pas bien la langue de Kocc, le Wolof. Avant sa nomination comme Premier ministre du premier gouvernement de Macky Sall, Abdoul Mbaye était inconnu des acteurs politiques, qui avaient l’habitude de flirter avec la masse populaire. Costume taillé sur mesure, montres de luxe et lunettes claires vissées sur le nez, il a longtemps évolué loin de la science politique.
La base affective, il n’en connaît pas. Même en rêve ! Ejecté de la Primature dans des conditions, objet de tous les fantasmes, il semble avoir des comptes personnels à régler à son ex-mentor Macky Sall.
La prochaine Présidentielle devra être son baptême du feu, dans le cadre d’une participation à une élection. Si la sociologique politique était une réalité, Abdoul Mbaye ne pourrait être président du Sénégal que si les billets de Banque votaient. Car le « Français » de la cohorte de Présidentiables ne peut revendiquer aucune partie du Sénégal. Même pas un bureau de vote.
Malick Gackou et son exercice de funambule
A la tête du Conseil régional de Dakar, Malick Gackou s’est fait un nom. Homme politique, il fut n°2 de Moustapha Niass jusqu’au «divorce», en 2013. Très aimé en banlieue notamment à Guédiawaye, sa ville natale, Malick Gackou n’a pas «osé», selon certains, se présenter lors des élections locales de 2014. Il dira que «c’est un choix personnel».
Au référendum du 20 mars 2016, il décide, enfin, de descendre sur le terrain. Il n’avait plus le choix. La suite, inutile de vous la raconter : Gagne son bureau de vote et sa commune. Mais la mouvance présidentielle rafle la mise et la banlieue avait fini par voter « OUI ».
La Présidentielle de 2019 approchant, l’ancien ministre du Commerce arpente, pendant des mois, les routes escarpées et sablonneuses du pays, pour massifier son Parti, le Grand Parti que ses détracteurs assimilent à Guédiawaye-Parcelles pour répondre aux initiales Gp.
Même s’il est adulé à Guédiawaye et aux Parcelles assainies, il n’en demeure pas moins que Malick Gackou n’a jamais sollicité les suffrages du Sénégal des profondeurs. Jusqu’ici, son aura ne s’arrête qu’à Dakar. Et pour gagner l’élection présidentielle, il faut glaner des points au niveau national.
Au Djolof, Habib Sy ne compte que sur son « bonnet » ; le Sénégal des profondeurs, une autre paire de manches
L’ancien ministre d’Etat sous le défunt régime libéral est défini comme le Plan B du Pds. Ambition noble, mais dont la sincérité pourrait s’avérer problématique. La preuve, Habib Sy, qui a fini de concocter son projet social du Sénégal (voire L’As du 02-02-17), ne contrôle même plus sa Ville de Linguère. Le département, n’en parlons même pas ! Aly Ngouille Ndiaye lui a volé le Djolof, depuis 2012. En remportant les premier et second tours de la Présidentielle de 2012 ; tout comme toutes les autres élections qui se sont déroulées, depuis lors.
A Linguère, le leader de « Vision pour un Sénégal nouveau » n’a plus que son bonnet, le caricaturent certains. A travers le pays, on le connaît plus à la télévision qu’à travers ses descentes sur le terrain politique pour aller au contact des électeurs capables de lui offrir le Sénégal.
Souleymane Ndéné Ndiaye : il était une fois, un Seigenur

Dernier Premier ministre du régime libéral et Directeur de campagne de Me Abdoulaye Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye veut diriger le Sénégal. Mais de quelle base politique peut-il se faire valoir? Question légitime.
Guinguinéo où il régnait en maître quasi-absolu, lui a tourné le dos. Car Souleymane Ndéné Ndiaye n’est plus le politique le plus adulé. Dans la région de Kaolack, l’Alliance pour la République y règne en seigneur depuis l’élection de Macky Sall en 2012. Ce, même en étant une armée mexicaine.
« khalife » à Darou, Modou Diagne Fada devra apprendre à grandir
Lieutenant de Me Abdoulaye Wade jusqu’à une date récente, Modou Diagne Fada a réclamé l’héritage du pape du sopi, jusqu’à perdre des plumes à l’Assemblée nationale. Où, son bras de fer pour le contrôle du Groupe parlementaire « Libéraux et Démocrates » a tourné à l’avantage de Aïda Mbodj. Président du Conseil départemental de Kébémer, Modou Diagne Fada a remporté les élections dans sa localité.
Même s’il est crédité d’une base politique locale, Modou Diagne Fada fait partie de ces acteurs politiques qui éprouvent le rêve présider aux destinées du Sénégal. Or, sur l’échiquier politique national, il lui reste beaucoup de travail à abattre.
Pour y arriver, l’enfant de Darou Mousty devra, d’abord, au plan national, consolider et implanter son parti politique Ldr/Yessal, avant de demander le suffrage des Sénégalais.
Roi chez lui, Abdoulaye Baldé, sa croix et sa bannière
Maître incontesté de Ziguinchor, une partie de la région de Sédhiou notamment, de certains villages du département de Goudomp, Abdoulaye Baldé est bousculé par la Coalition de Bby.
Certes, il a remporté les élections locales de 2014 et conservé son fauteuil de maire de la capitale du Sud, mais Baldé a, surtout, bénéficié de la déchirure des leaders locaux de l’Apr : Angélique Manga, Benoit Sambou, entre autres. Aussi, a-t-il réalisé quelques percées dans le Fouladou, à Kolda, d’où est originaire son porte-parole et patron de la Jeunesse de son parti.
Seulement, à part le sud du pays, dont il peut revendiquer la paternité, l’ancien ministre des Forces Armées sous le régime de Wade ne pèse pas lourd. A Ziguinchor, son leadership est de plus en plus contesté.
Tandis qu’à Bignona, autre département de la région, entre lui et l’un de ses proches collaborateurs, la députée Khady Diédhiou, le torchon brûle depuis le référendum du 20 mars 2016. La lionne du Tendouck a voté OUI contre le NON de son mentor politique.
Dans le Sénégal des profondeurs, le leader de l’Union centriste du Sénégal traîne un farouche handicap : un manque de pénétration de son Parti.
A Dakar, il règne sur un empire d’adulateurs, mais Khalifa Sall devra faire face à ces deux équations
Certes, il n’a toujours pas affiché, officiellement, sa candidature à la Présidentielle de 2019. Mais l’actuel maire de Dakar devra, sauf coup de théâtre, briguer les suffrages des Sénégalais. S’il a fini de convaincre les plus sceptiques quant à sa représentativité dans la capitale sénégalaise, il reste que Khalifa Sall, aurait du pain sur la planche, s’il décidait de se jeter à l’eau.
En effet, d’une part, il n’ira pas à la prochaine Présidentielle, avec tout l’appareil du Parti socialiste. Et de l’autre, ce serait une grande première pour lui, en allant solliciter les suffrages de ses compatriotes établis dans les régions de l’intérieur et dans la diaspora.
A cela, vient se greffer le fait que le fait que, jusqu’ici, il n’ait pas déclaré ses ambitions présidentielles, pourrait lui porter préjudice, selon beaucoup d’observateurs avertis. Tout comme le fait qu’il n’ait pas investi les différentes régions du Sénégal pourrait être de nature à constituer un coup de frein à son élan.
L’heure de la vengeance va sonner, en 2019, pour Ousmane Sonko
Politiquement, il n’est pas connu. Inspecteur des Impôts radié, Ousmane Sonko n’est pas un homme politique. S’il veut venger de Macky Sall en 2019, le natif de Bignona doit mouiller le maillot pour déloger le locataire du Palais.
Car ce ne sera guère un simple jeu d’enfants pour lui. Et il semble l’avoir compris ; d’où ses tournées politiques dans plusieurs localités du pays, depuis quelques mois.
Gaston MANSALY actusen.com

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