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Insultes sur le net : L’avenir judiciaire de Assane Diouf en question

« Ici c’est United States, il ne suffit pas d’être convoqué pour être embastillé. J’ai vu le commissaire, j’ai vu le capitaine. On m’a donné mes papiers et le patron des policiers leurs a demandé de veiller sur moi » s’enorgueillit Assane Diouf dans une vidéo postée sur facebook. 

Pourtant, un magistrat contacté sur la question est loin de confirmer cet optimisme de celui-là qui ose proférer des insanités sur la personne du chef de l’Etat, des membres du gouvernement et au-delà même, de tous ce qui travaillent avec Macky Sall. Certains disent même que, contrairement à la croyance populaire, les expatriés sont parfois plus vulnérables que ceux qui sont au pays, car avec la coopération judiciaire, ils peuvent être rapidement embarqués et livrés à leur pays d’origine.

En d’autres termes, selon le magistrat, Assane Diouf peut bien être livré au Sénégal. Mais, avec les technologies de l’information et de la communication, il y a des contraintes supplémentaires à surmonter.

«Les difficultés, puisque c’est à travers le Net, c’est l’identification de la personne. Les gens peuvent faire des montages pour faire des fausses identifications. Quelqu’un peut utiliser un logiciel de montage de photos ou de vidéos et insulter le président sans que ce soit la personne. Quelqu’un peut vous dire qu’il fait des vidéos aux USA, alors qu’il est à deux pas de chez nous. Vous avez vu Penda Ba, les gens disaient qu’elle était au Canada, alors qu’elle était à Saly. Donc, il peut être difficile de le localiser. Mais, une fois, matériellement, ces questions réglées, avec la coopération judiciaire, il est possible de le ramener ‘’, affirme cet interlocuteur.

Certes, le Sénégal et Etats Unis n’ont pas le même niveau démocratique. Ce qui est acceptable chez les Yankees ne l’est pas toujours au pays de la Teranga, particulièrement avec l’article 80. Par conséquent, dans ce cas de figure, explique le juge, «le pays requérant s’appuie sur la législation nationale pour faire sa demande. L’Amérique peut elle aussi apprécier sur la base de sa démocratie, de ce qu’elle considère comme offense au chef de l’Etat ».

Quoi qu’il en soit pour le cas spécifique de Assane Diouf, le juge estime qu’ «il ne devrait pas y obstacle à son extradition, vu la gravite de propos. » De toute façon, lorsqu’il y a injure au président de la République, les gens peuvent valablement le poursuivre », précise-t-il. Si l’on y ajoute le fait que le pays de destination n’est pas une dictature, mais plutôt une démocratie, cela pourrait faciliter l’acceptation de la requête.

Pour le moment, les autorités ne semblent pas accorder une grande importance à sa personne. N’empêche, la machine pourrait bien être mise en branle. Invité de l’émission grand jury, Me Oumar Loum, le directeur de cabinet du chef de l’Etat a indiqué qu’il y a d’option particulière contre lui. Cependant, il a invité les forces de l’ordre à faire leur travail. Ce qui veut dire que la poursuite sans doute envisagée c’est le cas, le magistrat estime qu’il faut, parallèlement à la procédure judiciaire, explorer la voie diplomatique. Et puisque en diplomatie il est question de rapport de forces et d’intérêt en jeu, il a lieu de se demander si le Sénégal peut peser sur la balance pour obtenir gain de cause.

Reste maintenant à savoir si le bonhomme n’a pas la double nationalité. Pour l’instant rien n’est sûr. Nombreux sont ses compatriotes qui pensent que, si cet expatrie se permet ses sorties. C’est qu’il a probablement la nationalité américaine c’est le cas, le combat est perdu d’avance, car aucun Etat encore moins les USA n’accepte de livrer ses propres citoyens à un pays tiers. « Les Etats par essence, protègent leurs binationaux, même s’ils peuvent après se retourner contre lui. Ils n’acceptent jamais de l’extrader » fait-il remarquer.

Source : Enquête / leral

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