La centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud-est de l’Ukraine, reste privée d’alimentation électrique extérieure depuis plus d’une semaine. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indique que l’installation, contrôlée par la Russie depuis 2022, fonctionne actuellement grâce à des générateurs diesel de secours.

Selon l’agence onusienne, le carburant disponible permettrait d’assurer ce fonctionnement pendant une dizaine de jours. La disponibilité du diesel est déterminante pour un site nucléaire privé de courant externe, a souligné son directeur général, Rafael Grossi.

Des lignes électriques à réparer

L’AIEA cherche à obtenir un cessez-le-feu local afin que les lignes électriques puissent être réparées. Ses équipes sont présentes en permanence sur le site depuis septembre 2022.

La dernière livraison de carburant vers le dépôt extérieur de la centrale remonterait à mars. Une livraison attendue en mai a été différée en raison de l’instabilité militaire dans la zone. L’AIEA précise ne pas avoir pu accéder à ce dépôt depuis mars 2025, la direction de la centrale ayant invoqué des raisons de sécurité.

Une sûreté fragilisée par les incidents

La centrale ne produit plus d’électricité depuis septembre 2022. Ses réacteurs doivent néanmoins être maintenus à une température adaptée afin d’éviter la fusion du combustible qu’ils contiennent.

Plusieurs incidents impliquant des drones ont été signalés cette semaine. L’AIEA a rapporté une attaque près du bassin de refroidissement le 25 août, qui a blessé deux employés. Le lendemain, un drone aurait explosé près de l’installation de stockage à sec du combustible usé et un autre aurait atteint un dispositif d’aspersion du système des tranches. L’agence avait alors indiqué que les niveaux de radiation sur le site demeuraient normaux.

Au début du mois, une frappe de drone près de la centrale a tué un spécialiste du nucléaire et blessé 17 personnes, selon les éléments disponibles. Moscou en a attribué la responsabilité à Kiev. L’Ukraine et la Russie se sont à plusieurs reprises accusées mutuellement d’attaquer ce site situé près du Dniepr, dans une zone de front.