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Kédougou : une méthode d’orpaillage sans mercure expérimentée avec “des résultats intéressants” (ministre)

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Baldé, révèle que son département est en train de développer avec des orpailleurs du site pilote de Bantaco, dans la région de Kédougou (sud-est),” une méthode d’extraction d’or sans mercure, qui commence à donner des résultats très intéressants”.

Le ministère en charge de l’environnement a réalisé, début 2017, un inventaire qui montre que l’orpaillage utilise près de la moitié du mercure utilisé, toutes activités confondues, sur le territoire national, a indiqué M. Baldé, qui présidait la cérémonie officielle de la Journée mondiale de l’environnement, lundi, à Tambacounda. “Fort de cet inventaire (…) nous travaillons actuellement avec certains orpailleurs pour développer une méthode d’extraction d’or sans mercure qui commence à donner des résultats très intéressants sur le site pilote de Bantaco dans la région de Kédougou”, a-t-il révélé. “Pour extraire l’or du minerai, les orpailleurs utilisent du cyanure et du mercure” a-t-il expliqué, précisant que si e cyanure est mortel quand il est dissous dans l’eau, il est détruit rapidement par les ultra-violets (UV) lorsqu’il s’expose aux rayons du soleil. Le mercure, par contre, est un métal qui ne se détruit pas. “Il est assimilé par l’organisme humain et s’accumule jusqu’à laisser apparaître des troubles graves de la santé pouvant aller jusqu’à la mort”, a souligné le ministre de l’Environnement.

Utilisé par les orpailleurs, le mercure se retrouve dans les cours d’eau comme la Falémé, affluent du fleuve Sénégal, qui se déverse lui-même en mer en aval du barrage de Diama, lors des crues. Selon Abdoulaye Baldé, les zones contaminées par le mercure peuvent s’étendre bien au-delà des sites d’orpaillage, sans compter la pollution atmosphérique due au chauffage de l’amalgame destiné à extraire l’or. Le ministre de l’Environnement a évoqué “les spécificités environnementales des régions de Kédougou et de Tambacounda, parmi lesquelles la beauté des chutes d’eau de Dindéfélo’’, en lien avec “la problématique partagée de l’utilisation du mercure dans les sites d’orpaillage à Kédougou et à Tambacounda”.

De même, Abdoulaye Baldé a-t-il souligné la nécessité de “la sauvegarde du Parc national de Niokolo Koba’’, avant d’ajouter, au nombre des particularités de la zone, la gestion durable de la forêt aménagée communautaire de Néttéboulou, vaste de plus de 10.000 ha, qu’il a visitée avant le lancement officiel de cette Journée axée sur le thème “Rapprocher les gens de la nature”.

“L’orpaillage est à l’origine également d’une déforestation extrême, liée à la coupe abusive des arbres pour étayer les galeries pouvant descendre jusqu’à plus de 50m de profondeur détruisant ainsi les sols”, a déploré le ministre de l’Environnement. “Malgré les efforts de l’Etat pour formaliser l’activité d’orpaillage, nous devons constater qu’il reste encore beaucoup à faire”, a-t-il indiqué.

Le président du conseil départemental Sina Cissokho a, dans le même sillage, plaidé pour une restauration du parc national du Niokolo Koba, ainsi que des réserves communautaires de Dindéfélo et du Boundou. Il a invité les autorités à combattre l’utilisation du mercure dans les sites d’orpaillage. Quand au maire de la commune de Tambacounda, Mame Balla Lô, il a saisi l’occasion pour solliciter l’appui du ministère de l’Environnement et du Développement durable pour la mise en œuvre de son projet communal de gestion des ordures.

tambacounda

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