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La Compagnie agricole de Saint-Louis, fer de lance pour un Sénégal autosuffisant en riz

La Compagnie agricole de Saint-Louis (CASL) a pour objectif de participer à l’atteinte de l’autosuffisance en riz pour le Sénégal. Depuis son installation dans le grand delta du fleuve Sénégal, en 2013, elle a investi plusieurs milliards de francs Cfa pour produire, transformer et commercialiser du riz de «qualité supérieure» dénommé ‘Royal Sénégal’.

Les investissements de la CASL sont répartis sur plusieurs sites. Ceux-ci ont été présentés à la presse sénégalaise au cours d’une visite organisée mardi 2 octobre et à laquelle ont pris part, entre autres agents de la Compagnie, le responsable Hygiène, Sécurité et Environnement, Aïssamby Diémé, le chef de fermes Abdoulaye Diop, le directeur de l’usine, Mamadou Mar, le responsable de production Sonar Kor. C’était en présence du représentant du chef de village de Diadiam 3, Djiby Sèye, notamment.

CASL : une vision, un objectif

La CASL vise deux objectifs principaux : réduire la facture et l’insécurité alimentaire du Sénégal et être un moteur pour la modernisation de la filière riz, avec une empreinte environnementale sous contrôle, une stratégie foncière gagnant-gagnant et un projet rentable et bancable. Il s’agit, plus spécifiquement, de produire du riz de qualité pour le marché local, de mettre en place un modèle de ferme pilote pour le développement, d’intégrer l’ensemble de la chaîne (développement hydro-agricole, recherches, production de paddy, transformation, contrats de culture et commercialisation, essais, mécanisation, rendements, qualité, formation), de participer à la transition de l’agriculture d’autoconsommation à une agriculture commerciale, de développer des surfaces pour l’agriculture familiale, d’accroître les revenus et les emplois agricoles dans la vallée du fleuve et enfin, de diffuser de la formation et de nouvelles techniques.

Dans cette perspective, la Compagnie compte aménager une assiette foncière de 5300 hectares, exploiter 4600 hectares de terres irrigables, faire deux récoltes par an, créer des réseaux primaires pour alimenter en eau près de 1500 hectares d’exploitation pour les populations riveraines, mettre en place pas moins de 1500 hectares/an de contrats de culture, commercialiser du riz au Sénégal et produire 45000 tonnes de riz blanc par an.

Concernant la collecte, l’usinage et la commercialisation, la CASL entend aménager des silos d’une capacité de 30 000 tonnes, une rizerie répondant aux standards internationaux, avec une capacité de 8 tonnes/heure, soit 60 000 tonnes/an de riz blanc ordinaire et/ou parfumé, et, enfin, mettre sur le marché sénégalais des sacs de riz de 1 kg, 5 kg et 25 kg.

Plus de 2000 hectares exploités

Pour doper sa production agricole la Compagnie mise, pour ce mois d’octobre, sur une assiette foncière de 3220 hectares et compte aménager 2700 hectares de terres irrigables. Pour l’hivernage en cours, elle a exploité 2100 hectares et pour la saison sèche 2019 elle table sur 2700 hectares.

Depuis 2014, la CASL assure deux récoltes par an. Cette année, elle a mis en place 2000 hectares de contrats de culture et recruté 200 contractuels (CDD et CDI) ainsi que 100 journaliers.

Dans le cadre de son programme environnemental et social, la Compagnie a créé 75% d’emplois permanents (CDD et CDI) dont 10% pour les femmes et autant pour les jeunes.L’entreprise prévoit d’orienter une vingt jeunes vers l’«élevage intensif» et la pisciculture. Elle compte aussi reboiser 80 hectares de terres à proximité des villages environnants et dans les forêts classées mais aussi de réaliser le faucardage des typhas dans les parcs naturels.

La Compagnie a également réalisé des réseaux primaires au profit de 500 hectares exploitants riverains, cédé gratuitement 20% de la paille aux éleveurs. La société prévoit de soutenir des projets de maraichage et d’arboriculture sur 32 hectares au profit des groupements féminins. S’y ajoutent la disponibilité de l’eau potable pour 8 villages et des actions sociales dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Oiseaux granivores

Toutefois, la CASL est confrontée à quelques difficultés dans l’exécution de son projet rizicole. Il s’agit notamment, de la salinité très avancée des terres, des attaques d’oiseauxgranivores et des contraintes de la filière.

Selon le chef de fermes Abdoulaye Diop, la Compagnie est en train de «maitriser plus ou moins» la salinité des terres, mais est à la peine face aux oiseaux granivores, un «problème sérieux» qui leur fait perdre près d’une tonne de riz par hectare. Ce qui est énorme !

Les contraintes de la filière riz ont pour noms : accès au foncier, TVA non récupérable sur les charges d’exploitation (gasoil, électricité, prestations de services, entre autres), législation environnementale inadaptée, fiscalité des investissements relevant de plusieurs régimes très contraignants pour l’importation de pièces de rechange, les prestations de travaux agricoles entre exploitants agricoles, etc., délais administratifs longs pour certaines démarches (jusqu’à 6 mois pour une autorisation de défrichement).

Il y a aussi la fiscalité locale, qui est parfois discriminatoire et instable (5 000 à 90 000 francs Cfa/hectare pour les taxes de bornage), la mauvaise qualité des engrais subventionnés, non disponibles à temps, soumis à une procédure administrative complexe (5 intervenants), la formation professionnelle et universitaire inadaptée engendrant un déficit de personnel qualifié, des coûts d’aménagement du foncier élevés (de l’ordre de 4500 euros/hectare dans le Delta, jusqu’à 8000 euros/hectare dans la moyenne vallée lorsqu’il faut endiguer les aménagements, une pression aviaire importante [oiseaux mange-mil]) avec des pertes de rendements significatives, et le financement tardif pour les contrats de cultures avec les banques locales.

Deux variétés de semence

La CASL utilise deux variétés de semence dans ses fermes : le «138» et le «134». Les deux résistent au sel, mais le premier est plus utilisé que le second car, les consommateurs sénégalais apprécient sa qualité et sa douceur. Sans compter qu’elle est plus facile à préparer.

La Compagnie pratique deux campagnes de culture de riz par an : une durant l’hivernage (de juin à décembre) et une autre durant la période de contre-saison (de janvier à juillet).

Cette année la CASL a emblavé une superficie de 2100 hectares pour la campagne d’hivernage. Ce qui fait un total de 4200 hectares pour les deux campagnes. Elle pratique 90% du système d’irrigation en gravitaire. Mais, elle utilise beaucoup d’énergie pour le drainage.

Selon le responsable Hygiène, Sécurité et Environnement de la Compagnie, Aïssamby Diémé, le Royal Sénégal respecte les normes qualité pour les consommateurs, de la production jusqu’à la transformation. «Nous sommes dans un environnement salé, qui a subi pendant des années le phénomène de la salinisation, signale-t-il. C’est pourquoi, nous avons créé des drains de dessalement qui permettent de rabattre la nappe qui est extrêmement salée, pour pouvoir produire du riz de qualité sur les parcelles.»

Selon toujours M. Diémé le Royal Sénégal est un riz produit au Sénégal, pour les Sénégalais. Un riz de qualité dont le prix est très abordable pour le consommateur. Il est disponible au niveau des grands marchés et des grandes surfaces de Dakar ainsi que dans certaines localités à l’intérieur du pays comme Kaolack et Touba.

Satisfecit des populations locales

Le siège de la CASL se situe dans la commune de Diama. Dans un environnement «très favorable». Et pour cause. «La CASL a obtenu ses terres par cession. Ce sont les populations elles-mêmes qui ont accepté de céder leurs terres à la compagnie», signale Aïssamby Diémé. Qui précise que les terres en question étaient inexploitées à cause du manque d’aménagements hydro agricoles et de la présence du sel. Et que, désormais, grâce aux aménagements de la Compagnie, ces populations exploitent aujourd’hui près de 800 hectares de terres rizicoles.

Le représentant du chef de village de Diadiam 3, Djiby Sèye, acquiesce : «La compagnie a non seulement indemnisé les impactés mais aussi elle nous a permis d’avoir de l’eau sur place et de travailler comme elle. Elle a permis également à beaucoup de jeunes des villages environnants à avoir un emploi.»

M. Sèye ajoute que dans le cadre de sa Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse), la CASL a signé avec les populations de son village un contrat de culture qui leur permet d’obtenir les semences, les intrants et les produits phytosanitaires qui leur ont permis de réaliser deux campagnes et de vendre à la Compagnie leurs productions.

Standards internationaux

Érigée sur une superficie de six hectares, l’usine de la CASL a démarré ses activités en janvier dernier. Celles-ci portent sur trois domaines : la réception, le séchage et le stockage; l’usinage du riz et enfin le stockage et la livraison. Selon son directeur, Mamadou Mar, il s’agit d’une usine qui répond aux standards internationaux et qui est l’une des plus grandes rizeries de la vallée. Elle a une capacité de production de 192 tonnes par jour, soit 8 tonnes l’heure.

Le fonctionnement de l’usine, qui répond aux standards internationaux en la matière, repose sur 5 domaines prioritaires : la qualité, la sécurité, le personnel, le marché et l’excellence opérationnelle.

seneweb

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