« Le bien-être malgré tout »

Il est possible d’éprouver du bien-être malgré un degré d’autonomie moindre ou un isolement social important.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être du livre « Le Scaphandre et le Papillon », récit autobiographique très émouvant de Jean-Dominique Bauby paru en 1997. Cet ouvrage avait révélé au grand public la réalité du syndrome d’enfermement, également appelé « locked-in syndrome ».

À la suite d’un accident vasculaire du tronc cérébral, cet ancien rédacteur en chef du magazine « Elle » s’était retrouvé enfermé dans son corps sans aucune possibilité de bouger ni de parler, tout en entendant et voyant parfaitement.

Sa conscience et son intelligence étant préservées, son seul mode de communication consistait à lever les yeux ou cligner des paupières. C’est ainsi qu’il dicta lettre par lettre à son assistante le récit de sa maladie. Une étude étonnante publiée il y a quelques années s’était penchée sur le ressenti de 65 personnes vivant en France, atteintes de ce redoutable syndrome.

Contre toute attente, il est apparu que les deux tiers des malades interrogés avaient un ressenti positif de leur bien-être et étaient satisfaits de leur qualité de vie. L’idée que l’on puisse être heureux en dépit d’un profond état de dépendance et d’un isolement social important peut surprendre. Ces patients ont trouvé en eux, avec probablement l’aide d’un entourage soignant de qualité, les ressources pour surmonter l’incroyable épreuve.

Il est constaté dans cette étude que c’est en général après un an que le sentiment de bien-être s’installe. Lorsqu’ils étaient interrogés sur le recours à l’euthanasie, seuls 7% des malades la revendiquaient. À notre époque, où il nous est exhorté de vieillir en bonne santé pour éviter la perte d’autonomie, les résultats de cette étude sont très encourageants. Ils nous enseignent qu’il est bien difficile d’envisager le ressenti d’une personne dépendante dès lors que l’on n’est pas soi-même dans cette situation. Ils nous disent aussi qu’il est possible d’éprouver du bien-être quel que soit son degré d’autonomie.




Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*