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LE COEUR DES THIESSOIS BALANCE

La pléthore de candidats à la candidature à la présidentielle de 2019, risque de mettre les électeurs de la cité du rail devant des choix de parrainages cornéliens entre plusieurs fils du terroir. nCinq voire six candidats à la candidature à la présidentielle de 2019 dans la seule ville de Thiès, çà fait tellement désordre que ça fait penser aux « Navétanes ». Une situation inédite que rien ne saurait expliquer et qui risque de mettre les électeurs de la cité du rail devant des choix de parrainages cornéliens. Pour dire l’embarras qui sera le leur pendant cette campagne pour la présidentielle féroce qui va les contraindre à choisir avant tout entre des fils de leur propre ville.

Cette situation, il faut le reconnaître, n’est pas pour avantager le patron du Rewmi, Idrissa Seck, qui, de tout temps, a su compter sur le vote affectif des Thiessois pour faire bonne figure aux diverses élections. Or, cette base affective lui est disputée aujourd’hui par des prétendants thiessois bon teint qui revendiquent à juste titre leur « thiessité ». Or, tant que le prédécesseur de Macky Sall à la primature était le seul candidat à la présidentielle, les Thiessois étaient à l’aise puisqu’il n’y avait pas photo entre lui et un quelconque autre candidat venu d’ailleurs. L’ancien président Abdoulaye Wade l’a appris à ses dépens, lui qui, malgré tous les moyens dont il disposait lorsqu’il était au pouvoir, a toujours été battu à plate couture dans la ville rebelle. Quid de l’actuel tenant du pouvoir qui, en 2012, s’est vu dans l’obligation de caresser le rewmiste en chef dans le sens du poil pour décrocher le vote des Thiessois ?

Aujourd’hui, avec la situation actuelle, « c’est comme si quelque part, la donne est en train d’être changée » font remarquer des observateurs locaux. Une donne qui, de 2014 à nos jours, a fait d’Idrissa Seck le maître absolu de la scène politique thiessoise. Pour dire la pertinence de la question du docteur en sociologie et diplômé en sciences politiques, quand il se demande « si derrière cette pléthore de candidatures, il n y a pas la main du pouvoir central ». Une question d’autant pertinente que, selon l’analyste politique Daouda Sow, « si, à l’issue de la présidentielle à venir, Idrissa Seck perd sa posture hégémonique dans la cité du rail, il se verra dans l’obligation de mettre fin à sa carrière politique ne serait-ce que pour respecter sa parole, lorsqu’il disait : « Si je perds la confiance des Thiessois, je cesserais de faire de la politique pour m’atteler à autre chose ». Un engagement qu’il se devra de respecter à moins que lui aussi ne soit adepte du « wakhwakhète ».

Toutefois, cette nouvelle donne née de la pluralité des candidatures thiessoises à la présidentielle peut s’avérer un couteau à double tranchant. Surtout que, selon Serigne Diop, un père de famille demeurant à Darou Salam, « l’ensemble de ces candidats vont puiser dans le vivier électoral de la cité du rail. Et la plupart d’entre eux le feront en premier dans leurs formations politiques d’origine ».

Un couteau à double tranchant

En effet, nul doute que l’ancien ministre Thierno Alassane Sall va s’appuyer sur la base affective qu’il avait dans l’Alliance Pour la République (APR) avant de chercher des parrainages ailleurs. Idem pour l’ancien premier ministre Cheikh Haguibou Soumaré qui va réactiver ses réseaux pour relancer le mouvement de soutien qui l’accompagnait sous l’ère wadienne. Mais au-delà, pensent nombre de Thiessois, « il pourra aussi compter sur ses anciens frères libéraux qui, si la candidature de Karim Wade n’est pas acceptée, ne perdront rien au change en allant appuyer celle d’un frère qui a été exempt de reproche durant tout le magistère de Wade père ». Quid des autres qui, même s’ils sont tous ou presque inconnus au bataillon des ténors de la scène politique, n’en demeurent pas moins de sérieux prétendants puisqu’étant tous des Thiessois bon teint et qui, par conséquent, ont leur part d’affection dans cette ville qui est aussi la leur. Pour dire que, comme Hélène Gomis, une enseignante, « tout comme le Rewmi et la coalition qui porte la candidature d’Idrissa Seck, la coalition Benno Bokk Yakaar va aussi souffrir de cette pléiade de candidatures de fils de Thiès à la prochaine présidentielle ». Suffisant alors pour comprendre que la nouvelle donne peut aussi être préjudiciable à la mouvance présidentielle.

En tout état de cause, beaucoup d’habitants de la capitale du rail sont convaincus que cette situation de pluralité de candidatures thiessoises « pourra d’avantage gêner la majorité présidentielle si le candidat de Benno Bokk Yakaar est mis en ballotage au 1er tour et qu’il se trouve en face d’Idrissa Seck au second ». Nul doute alors que la fraternité et la solidarité concitoyennes vont être de mise pour un soutien massif au candidat de la cité rail. Surtout qu’au-delà des divergences d’ordre politique, presque tous les candidats thiessois déclarés à la présidentielle entretiennent de bonnes relations sociales et se vouent un respect réciproque.

Source : le témoin / seneplus

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