Le ministre de la santé démissionne après le décès de 11 bébés dans une maternité

TUNISIA-HEALTH-INFANTS
This picture taken on March 9, 2019 shows the entrance of the Wassila Bourguiba state maternity hospital in the Tunisian capital Tunis, at which 11 newborn babies died suddenly in its Rabta clinic, prompting a government probe into the incident. / AFP / FETHI BELAID

La mort de onze nouveau-nés entre jeudi et mardi dans une grande maternité publique de Tunis a choqué l’opinion publique tunisienne.

Le ministre tunisien de la santé, Abderraouf Chérif, a démissionné après le tollé provoqué par le décès de 11 nouveau-nés entre jeudi 7 et vendredi 8 mars dans une grande maternité publique de Tunis. Le premier ministre Youssef Chahed a annoncé avoir accepté sa démission, a fait savoir tard samedi soir la présidence du gouvernement tunisien sur sa page Facebook.
« Les responsables de tout manquement seront poursuivis », a déclaré M. Chahed, qui s’est rendu à la maternité samedi soir, après l’indignation déclenchée par ces décès considérés comme révélateurs d’un délabrement du système de santé publique dans le pays. « Il y aura des réunions la semaine prochaine avec toutes les structures du secteur de la santé pour évaluer tous les problèmes », a-t-il ajouté dans une vidéo diffusée par ses services.

Les onze nouveau-nés étaient internés à la maternité de la Rabta, qui fait partie d’un important complexe hospitalier de la capitale. Le ministère de la santé a précisé dans un communiqué samedi soir que les décès ont « probablement » été causés par un « choc septique » dû à une infection du sang.
« Les éléments de l’enquête en cours s’orientent vers une infection nosocomiale [contractée au cours de l’hospitalisation] sévère, dont le point de départ est un produit d’alimentation parentérale », c’est-à-dire administré par sonde gastrique, a expliqué la société tunisienne de pédiatrie dans un communiqué publié sur Facebook. Une enquête sanitaire et une autre enquête judiciaire ont été ouvertes.

« Crime d’Etat »

Mais les images de parents quittant l’hôpital avec le minuscule corps de leur enfant dans des cartons usagés ont choqué l’opinion tunisienne. « Crime d’Etat », titrait ainsi dimanche le quotidien national Essafa
Le président de la société tunisienne de pédiatrie, Mohamed Douagi, avait alerté sur sa page Facebook il y a quelques mois de la situation dans cette maternité, qui gère selon lui 15 000 naissances par an. Un service de réanimation néonatale s’est retrouvé avec « la seule cheffe de service et ses deux assistantes », après un départ de médecins, avait-il souligné, accusant le gouvernement de chercher à faire des économies dans un secteur « mourant ».




Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*