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Menace de mort: Comment l’imam de Pikine-nord a frôlé le pire

Cheikh Ahmed Tidiane Diop, ancien maire de Pikine-nord et délégué de quartier dans la même localité, officie comme imam à la grande mosquée de Pikine-nord rue 10, sur la route des Niayes. Vendredi, le professeur d’arabe a frôlé le lynchage par des individus se réclamant de la confrérie mouride, suite à son sermon du 18 novembre dernier, portant sur la mort et la tombe.

Une prière sous protection policière

Des fidèles qui ont voulu passer à l’acte, ont pris d’assaut son domicile pour tenter de le lyncher après des propos jugés blasphématoires. L’imam qui a pris les devants, avait alerté le procureur, le préfet et la police. Cette dernière a veillé sur sa sécurité, en toute discrétion, lors de la prière de ce vendredi. Laquelle prière sera interrompue à deux reprises, par un individu qui scande : «Serigne Touba lagnou gemm (nous croyons en Serigne Touba)». L’homme sera refoulé s’il ne décide de lui-même de bouder la prière, rapporte le journal Lobservateur.

«Même enterrés avec un exemplaire du saint coran et de l’eau Zam-Zam, cela ne leur sera d’aucune utilité»

Devant la tension ambiante, la police, après la prière, ordonnera la fermeture de la mosquée afin de prévenir tout attroupement. L’imam sera raccompagné chez lui, où il sera rejoint plus tard, par un premier groupe d’une vingtaine de personnes qui scandent le nom de Serigne Touba, prêtes à en découdre avec lui.

Le commissaire de Pikine s’invite alors sur les lieux, suivi de deux fourgonnettes remplis d’éléments. Arrive ensuite le préfet de Pikine. Les appels au meurtre fusent, mais des incidents ont été évités de justesse.

Quid de l’objet de leur courroux ? 

L’imam Cheikh Ahmed Tidiane Diop dit n’avoir rien à se reprocher. Il reprécise ses propos tenus dans son sermon du 18 novembre. «J’ai voulu dire aux gens que la mort est un voyage sans retour et comme jamais personne n’est revenu de l’au-delà, j’ai conseillé aux musulmans de bien se préparer à cette épreuve. Et j’ai donné comme exemple le prophète Mohamed (Psl) et ses compagnons dont Ousmane et Oumar qui se souciaient beaucoup de ce qu’ils allaient trouver dans la tombe. J’ai cité (des) hadiths et dit aux fidèles que même enterrés avec un exemplaire du saint coran et de l’eau Zam-Zam, cela ne leur sera d’aucune utilité. Cela a suscité de fausses interprétations. Je ne m’en suis pas soucié, sachant qu’il y a des encagoulés qui manipulent l’opinion, car je les gêne», se défend l’imam dans les colonnes du journal.

«Je n’ai pas pour vocation de juger nos saints hommes. Mes seules références seront Allah et le prophète Mouhamed»,

A l’endroit de ses détracteurs, il précise : «Aussi longtemps que je m’installerai sur la chaise pour faire mon sermon, mes seules références seront Allah (Swt) et le prophète Mouhamed (Psl). Je n’ai pas pour vocation de juger nos saints hommes. Ce n’est pas mon rôle», tempère Ahmed Tidiane Diop.

«Le 22 novembre 2016, j’ai été informé qu’en rencontre s’est tenue à Pikne où mes propos ont été déformés et des gens sont tombés en transe, avant de menacer de me tuer et d’incendier ma maison», confie-t-il encore.

 

Auteur: Seneweb News – Seneweb.com

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