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NOUHA CISSÉ RACONTE SES “HISTOIRES HEUREUSES ET MALHEUREUSES” AVEC LES FEMMES

Historien et observateur bien avisé du conflit casamançais, Nouha Cissé, récompensé mercredi par les femmes de Ziguinchor (sud) pour le soutien qu’il leur apporte, a révélé le même jour ses ’’histoires heureuses et malheureuses’’ avec la gent féminine locale. ’’J’avais six ans quand j’ai perdu ma maman. Un accouchement douloureux suivi d’une hémorragie interne l’a emportée. Je vois, à travers chaque femme, ma défunte mère’’, commence par dire M. Cissé lors d’une cérémonie marquant la célébration de la Journée internationale de la femme. L’Espace de capacitation et d’accompagnement des femmes (ECAF) de Ziguinchor a abrité cette cérémonie organisée par les organisations féminines qui ont fêté le 8-Mars ’’dans l’unité’’, en présence des autorités administratives, des élus et responsables politiques locaux.
 ’’Après le décès de ma mère, poursuit Nouha Cissé, dans une salle comble et silencieuse, j’ai été pris en charge par une grand-mère, qui a fait preuve d’une tendresse exceptionnelle à mon égard. Elle m’a pris en charge jusqu’à l’âge de 14 ans. Je montais à califourchon sur son dos. Elle a tout fait pour me faire oublier ma défunte mère.’’ M. Cissé figure sur une liste de cinq personnes (deux hommes et trois femmes) choisies par les organisations féminines locales comme lauréats de la Journée internationale de la femme, à Ziguinchor.
 Dans la séquence heureuse de son ’’histoire avec les femmes’’, l’historien n’a pas manqué de mentionner les ’’moments exceptionnels’’ passés avec sa femme, sa ’’moitié’’, selon ses propres termes. Il loue l’engagement de son épouse en faveur des femmes, à travers l’USOFORAL, l’une des plus importantes organisations féminines du sud du pays, qu’elle dirige. ’’Avec elle, j’ai connu des moments de bonheur, mais aussi des souffrances extrêmes, notamment en janvier 1980, quand nous avons été kidnappés et bastonnés de 21 heures à 3 heures du matin, dans la forêt de Touba Couta (Casamance), par des nervis, parce que nous étions tout simplement aux côtés des élèves et des enseignants’’, a rappelé Nouha Cissé.
 Pour magnifier le rôle joué par la gent féminine dans la résolution de la crise en Casamance, l’ancien proviseur du lycée Djignabo de Ziguinchor est revenu sur ’’la marche historique’’ des femmes du sud du pays, au début du conflit. ’’Le 11 janvier 1980, Jean Colin (un puissant ministre d’Etat de l’époque) disait à Abdou Diouf (alors président de la République) que pendant trois jours, le pouvoir était dans la rue, à Ziguinchor (…) Les femmes ont marché pour que la paix revienne, notamment au lycée Djignabo. Cette procession historique des femmes a calmé la situation’’, se souvient-il. L’historien se rappelle aussi la marche des ’’braves femmes paysannes de Nyassia (région de Ziguinchor), qui ont pris bâtons, dabas et houes pour se retrouver à la gouvernance de Ziguinchor et exiger des autorités le rétablissement définitif de la paix en Casamance’’
Source : APS

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