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OMAR DIOP, DIRECTEUR GENERAL DE LA SAR : « Nous avons prévu des investissements importants pour répondre aux attentes »

La société africaine de raffinerie se positionne comme instrument dans la future production de pétrole au Sénégal. Elle s’est dotée d’un plan stratégique 2020-2025. Dans cet entretien, le directeur général, Omar Diop, note que ce document est consigné dans tos leurs projets et programmes. Il évoque également l’approvisionnement du marché domestique, de la qualité des produits.

Quels sont les perspectives de la Sar compte tenu des découvertes pétrolières et gazières au Sénégal ?

A travers des « journées objectifs », nous avons produit un document stratégique à l’horizon 2020. Dans ce document, nous avons consigné tous nos projets et programmes pour mieux se projeter dans l’avenir. Avec l’appui des actionnaires, nous espérons atteindre nos objectifs. Il est clair que les enjeux sont multiples, mais il faut reconnaitre que nos administrateurs nous ont donné carte blanche pour poursuivre nos investissements et produire suffisamment, et en qualité. C’est tout aussi vrai que ces investissements mais à l’échelle étatique, ils sont largement à la portée de notre pays. Ce plan stratégique (2020-2025), fruit d’une réflexion combinée entre le comité de direction et les cadres de la Sar a porté sur l’avenir de la raffinerie. Il faut aussi rappeler que cette réflexion a été menée dans un contexte d’évolution de la qualité des carburants dans la zone Afrique, piloté par l’Ara (Association des raffineurs et distributeurs africains) qui impose de nouvelles valeurs sur le souffre et le benzène. Ces polluants doivent être revus à des taux inférieurs aux valeurs actuelles dans le gasoil et les essences. Les études récemment initiées par la Sar portent donc sur la prise en charge de cette problématique. En plus, le besoin de valorisation du fonds de baril par la raffinerie pousse à étudier la mise en place d’unité de valorisation qui va contribuer à augmenter la complexité du « process» de la Sar. L’autre aspect est commandé par la réalité commerciale qui englobe une des raisons d’être de la Sar : traiter plus de brut pour monter le taux de couverture du marché sénégalais. Ainsi le projet de « d »dégoulottage » des unités permettra de gagner entre 20 et 30% sur le débit de brut traité ; ce qui n’est pas négligeable. Conséquemment, il faudra penser à assumer un stockage supplémentaire de brut ou produits raffinés pour baisser les charges inhérentes au fret et à l’approvisionnement. Ceci est envisagé à l’horizon 2019. Par ailleurs, l’aspect management n’est pas ignoré. Cest dans ce cadre qu’il faut inscrire la récente certification ISO 9001 V 2015, ainsi que les projets de certification du laboratoire de la Sar de reconnaissance du service Inspection, gestion environnementale etc. Tous ces aspects ci-dessus énumérés constituent l’articulation du plan stratégique de la Sar.

La Sar est-elle en mesure de traiter le brut découvert aux larges de Dakar ?

Je vous dis tout de suite oui. Rappelons que Petrosen a bien voulu nous remettre l’échantillon provenant de ce brut. Il s’est révélé conforme à ce que nous traitons dans notre usine. Toutefois, il faut reconnaitre que toutes les quantités ne pourront pas être traitées dans les conditions actuelles de la raffinerie. C’est d’ailleurs ce qui explique que dans notre plan stratégique, nous avons prévu des investissements très importants pour répondre aux attentes des populations. D’ailleurs nous n’excluons pas la mise en place d’une nouvelle raffinerie ou encore la délocalisation de notre réseau de pipelines. Car, il faut le dire, les pipes constituent un problème sérieux pour nous du fait de la violation permanente de l’empire des pipes par des personnes qui les agressent pour voler les produits. Je voudrai profiter de cette tribune pour féliciter l’ensemble de mes collaborateurs pour les résultats obtenus et leur réaffirme mon engagement pour relever d’autres défis parce que j’estime que chaque jour et chaque projet est un défis pour nous face aux enjeux du moment.

Est-ce à dire que Sar à elle seule, peut satisfaire le marché domestique ?

Dans les conditions actuelles non. Mais il faut reconnaitre que nous faisons le maximum pur que le marché sénégalais soit bien approvisionné en produit pétrolière. Dieu merci, sauf en cas d’arrêt programmé ou non, nous y arrivons avec les privés détenteurs de licence d’importation. Il faut souligner que le Sar vient de loin. A notre arrivée à la tête de l’entreprise, elle était dans une situation économique très difficile marquée par une tension de la trésorerie des plus vives. Les installations avaient fini de boucler leur cycle de cinq ans de marche donc , il fallait les réviser alors que les conditions financières ne le permettaient pas.mais puisque nous faisons confiance en tout lieu et à tout moment à la valeur des ressources humaines, nous avons alors misé sur celles-ci. Ainsi nous avons ensemble étudié la question du financement d’un arrêt métal (arrêt technique pur l’entretien). Par ailleurs nous sommes allés voir les institutions financières. A l’époque, peu d’entre elles étaient disposées à nous faire confiance, mais heureusement, l’une d’elle nous a fait confiance et aujourd’hui on a fini de payer la dette.

En parlant d’importation, il est souvent questionde qualité de l’essence au Sénégal et en Afrique. Quel est le rôle de la Sar dans ce débat ?

Je dois rappeler que notre slogan c’est « une présence qui rassure ». c’est pourquoi nous faisons de notre mission de produire en qualité et en quantité, un sacerdoce. J’imagine que vous faite allusion aux rapports publiés récemment dans la presse. Il faut savoir que les auteurs de ces rapports n’ont jamais pris en compte les spécifications de nos pays. Ils ont comparé leurs spécifications en vigueur dans les pays européens qui ne sont pas conformes aux nôtres et qui sont définis par nos Etats. Mais aujourd’hui l’Association des raffineurs africains et distributeurs s’est saisie de la question de la qualité et dans quelques années, les spécifications vont évoluer et nous aurons forcément d’autres critères d’appréciation de la qualité des produits. Et la Sar s’y prépare activement.

Dans le secteur de raffinage, les choses sont aléatoires pur un pays non producteur de pétrole avec des cours du baril qui échappent au contrôle et à la prévision. Comment vous procédez ?

Nous sommes des spécialistes du secteur mais aussi des financiers. Comme je l’ai dit tantôt, avec des ressources humaines de qualité, on peut soulever des montagnes. C’est vrai que les fluctuations des cours mondiaux ne militaient pas en faveur des pays comme les nôtres. Mais grâce à l’appui de l’Etat du Sénégal nous avons réussi à maintenir la tête hors de l’eau.

La Sar a annoncé récemment avoir fait une production record de plus d’un million de tonne. Peut –on en conclure qu’elle a renoué avec un approvisionnement correct du marché domestique ?

Sur ce point, je tiens vraiment à saluer, à nouveau, les efforts de tous les employés de la Sar. Les hommes et les femmes de cette entreprise on fait preuve d’engagement pour obtenir les résultats auxquels vous faites allusion. C’est l’un de mes défis quand le président de République a porté son choix sur ma modeste personne. Mon défi c’était de voir comment faire pour que la Sar renoue avec la production de produits pétroliers de bonne qualité et en quantité suffisante et mettre le pays à l’abri des ruptures dans tous les produits d’hydrocarbures. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de fierté que nous pouvons dire que nous somme sur la bonne voie même si notre objectif est d’aller au-delà d’un million cinq cent mille tonnes.

Source : le soleil

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