Peine alourdie pour l’entraîneur sud-coréen qui frappait la championne olympique

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La peine de l’ancien entraîneur qui avait été condamné pour avoir battu pendant des années la Sud-Coréenne Shim Suk-hee a été alourdie mercredi en appel à 18 mois de détention.

La peine de l’ancien entraîneur qui avait été condamné pour avoir battu pendant des années la Sud-Coréenne Shim Suk-hee, double médaillée d’or aux jeux Olympiques en short-track, a été alourdie mercredi en appel à 18 mois de détention. Cho Jae-beom avait en première instance été condamné à 10 mois de prison, mais le tribunal de district de Suwon a aggravé la sentence, après avoir notamment entendu Mme Shim. A l’audience le 18 décembre, la patineuse s’était effondrée en sanglots en racontant les années d’abus endurés aux mains de son entraîneur.

Elle l’avait accusé de l’avoir frappée depuis ses sept ans, jusqu’à lui briser les doigts, la « traumatisant profondément ». Quelques semaines avant les JO d’hiver de Pyeongchang en 2018, « il m’a donné des coups de pied et de poing si forts, surtout à la tête, que je me suis même dit, ‘Je pourrais vraiment mourir' », avait-elle dit. Le jour même de ce témoignage, elle avait par ailleurs porté plainte auprès de la police en accusant son ex-entraîneur de l’avoir aussi agressée sexuellement depuis ses 17 ans jusqu’en janvier 2018, soit un mois avant les JO. A 22 ans, la patineuse a quatre médailles olympiques à son compteur, dont l’or en relais aux JO de Sotchi de 2014 et à domicile à Pyeongchang.

La Corée du Sud est une puissance sportive régionale, l’un des deux seuls pays d’Asie avec le Japon à avoir accueilli à la fois les jeux d’hiver et d’été. Il figure régulièrement dans le tableau des dix premiers médaillés olympiques. Dans une société déjà ultraconcurrentielle, gagner dans l’arène sportive compte plus que tout. Les entraîneurs ont un énorme pouvoir sur la carrière des jeunes athlètes. Les abus physiques et verbaux sont fréquents et ceux qui les dénoncent sont souvent condamnés en tant que « traîtres ».

La société sud-coréenne demeure très patriarcale et les femmes victimes d’abus sexuels risquent d’être ostracisées. M. Cho a reconnu avoir passé des athlètes à tabac pour « améliorer leurs performances » mais dément les accusations d’agressions sexuelles.




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