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«Plan B» pour RENVERSER Kadhafi

Des documents récemment déclassifiés ont révélés les relations secrètes entre les services de renseignement britannique et l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi afin de traquer les dissidents et extrémistes libyens. Le journaliste libyen Mustafa Fetouri  raconte pourquoi la Grande-Bretagne a tourné le dos à Kadhafi. Il existait des rapports discrets entre l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi  et le renseignement du Royaume-Uni , selon des documents dernièrement déclassifiés. Pour la Grande-Bretagne à l’époque, Kadhafi était-il un ami, un ennemi ou un allié temporaire dont on pouvait profiter ? «Je crois qu’il était plutôt un allié temporaire, vu les circonstances de l’époque. Il ne faut pas oublier que la Libye avait à ce moment-là, la meilleure base de données, pour ainsi dire, sur toutes les organisations terroristes telles qu’Al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan, quand les États-Unis soutenaient Oussama ben Laden pour contrer l’URSS en Afghanistan. De tous les pays du monde seule la Libye a émis un mandat d’arrêt international à son encontre dans les années 1980», explique-t-il.

Selon lui, l’ex-Premier ministre et chef du Parti travailliste Tony Blair s’est adressé à Kadhafi et non l’inverse, souligne le journaliste. Il y avait un désir de l’Occident d’oublier la tragédie de l’avion Pan Am 103 qui a explosé le 21 décembre 1988 au-dessus du village de Lockerbie en Écosse, coutant la vie à 270 personnes, et de renouer des relations avec la Libye . «Dans cette situation, ils ont de nouveau tiré profit de la réception d’informations sur les terroristes, groupes terroristes et leurs complots», ajoute M.Fetouri. Mais pourquoi, malgré un travail conjoint assez long, le leadership occidental a soudain tourné le dos à Kadhafi ? Pourtant, les pays occidentaux, surtout les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, ne l’ont jamais traité avec bienveillance. «Ils n’ont pas apprécié son régime, en dépit du rapprochement en 2004, 2005 etc. Ils avaient un “plan B”, si vous voulez. Dès qu’il y aurait eu une occasion de se débarrasser de lui, ils l’auraient vite saisie

Dans l’espace des derniers 40 ans, ils ont toutefois manqué cette occasion à plusieurs reprises. Le fiasco de Lockerbie a été important, ils auraient pu entreprendre quelque chose, estime M.Fetouri. «Or, l’environnement international à cette époque-là ne permettait pas de faire les démarches visant à détruire le régime. Certes, ils l’ont tenté en 1984 et en 1986, quand les Américains ont attaqué sa maison.» Le journaliste libyen rappelle que les gouvernements, notamment des trois (3) pays susmentionnés, «ne se soucient pas trop de leurs obligations face à d’autres pays, surtout ceux avec lesquels ils entretiennent des relations compliquées, dont par exemple la Libye sous la présidence de Kadhafi.» «Je dois ajouter que Kadhafi lui-même ne leur faisait jamais trop confiance. Mais sur la période des derniers 10 ans de sa présidence, il n’était pas trop occupé par les affaires quotidiennes du pays et a donc perdu partiellement contact, c’est là que les forces occidentales ont vu l’occasion

Finalement, certains Libyens expulsés auparavant, comme Abdel Hakim Belhaj, qui auraient été kidnappés et extradés, selon certaines informations, vers la Libye par le service de renseignement britannique M16 sous la présidence de Kadhafi, ont tenté d’intenter une action en justice contre le gouvernement britannique. Les données déclassifiées peuvent-elles leur donner plus de chances dans cette procédure ? Comme l’indique Mustafa Fetouri, les autorités britanniques ont déjà réglé le problème avec l’un des collègues de Belhaj, Sami Sadi, et Belhaj lui-même. Il est maintenant un homme politique respecté, cité sans équivoque en Libye. Il serait en passe d’obtenir quelque chose du gouvernement britannique. Son image a été réhabilitée, au moins aux yeux de l’Occident, dit le journaliste. «Néanmoins, lui et ses affaires ne sont pas assez transparentes et personne ne comprend ce qu’il fait», poursuit M.Fetouri. «C’est un terroriste avec une longue histoire derrière lui. Si vous êtes prêts à l’oublier, alors il faut être prêts à pardonner d’autres actions analogues, y compris les accusations envers Kadhafi», résume-t-il.

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