Présidentielle au Sénégal: les quatre rivaux de Macky Sall

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Ils sont quatre, deux vieux routiers de la politique sénégalaise et deux nouveaux venus sur la scène nationale, à avoir franchi le double obstacle du parrainage et de la justice pour défier le président sortant Macky Sall à l’élection de dimanche. Voici leurs portraits.

Sur 27 candidats au départ, seuls sept ont recueilli le nombre nécessaire de parrainages. Mais celles de Karim Wade, fils de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012) et Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations judiciaires, ont été invalidées par le Conseil constitutionnel.

Idrissa Seck, l’éternel prétendant
L’ancien Premier ministre Idrissa Seck, 59 ans, déjà candidat malheureux en 2007 et 2012, apparaît comme un sérieux challenger de Macky Sall, qu’il a promis de « soulever et jeter à terre », dans une métaphore inspirée de la lutte, sport roi au Sénégal.

Originaire de Thiès (ouest), cet auditeur-consultant qui a effectué une partie de sa formation en France et aux Etats-Unis, a engrangé des ralliements de poids, dont celui de Khalifa Sall, qui devrait lui rapporter des voix dans la capitale où l’ancien maire reste populaire.

Maintes fois annoncé comme politiquement mort, cet homme de petite taille maniant parfaitement le français, l’anglais et le wolof est un tribun adepte des formules choc mêlées d’humour, qu’il accompagne souvent de versets du Coran.

Surnommé « Idy », ce membre de la confrérie musulmane mouride, la plus puissante du pays avec celle des tidianes, est entré en politique à la fin des années 1980 aux côtés de son mentor, le libéral Abdoulaye Wade, alors dans l’opposition, qui en fera son chef de gouvernement en 2002.

Mais deux ans plus tard, c’est la rupture entre Wade et celui qui était présenté comme son « fils adoptif », qui commence à faire de l’ombre à son fils véritable et ministre, Karim Wade.

Limogé et remplacé par Macky Sall, Idrissa Seck est emprisonné pendant sept mois (2005-2006) pour des accusations de malversations financières dont il sera blanchi mais qui continuent selon certains à ternir sa réputation.

Madické Niang, l’ancien homme lige de Wade

Doyen des candidats, Madické Niang, 65 ans, a longtemps été très proche d’Abdoulaye Wade, dont il fut l’avocat dans l’opposition et par la suite ministre, notamment des Affaires étrangères.

Mais quand Abdoulaye Wade s’obstine, à l’approche de la présidentielle de 2019, à soutenir une candidature de son fils Karim malgré la quasi certitude de son invalidation en raison de sa condamnation pour « enrichissement illicite », le fidèle des fidèles décide de présenter sa propre candidature.
Pour Abdoulaye Wade, ce « plan B » honni marque le divorce avec Madické Niang, exclu du parti, dont il espère néanmoins récupérer l’électorat en dénonçant notamment « l’instrumentalisation de la justice » sous Macky Sall.

En bon libéral, ce membre de la confrérie mouride promet la « suppression des institutions budgétivores », un gouvernement resserré à 25 membres et une aide accrue aux entreprises. Détendu, il fait le buzz sur les réseaux sociaux en multipliant traits d’humour et petits pas de danse, se disant « surpris » – mais visiblement ravi – d’être surnommé « Papa » ou « Tonton Madické » par les internautes.

Ousmane Sonko, l’imprécateur

A 44 ans, Ousmane Sonko, ancien inspecteur des impôts radié en 2016 après avoir dénoncé l’opacité de certains contrats publics et les privilèges indus selon lui de la classe politique, est le trublion « anti-système » de cette campagne, qui l’a vu acquérir une stature nationale.

Son crédo, mêlant patriotisme économique et dénonciation de la mal-gouvernance, séduit dans la jeunesse. Mais d’autres lui reprochent son manque d’expérience et des déclarations fracassantes, comme lorsqu’il avait jugé que les présidents successifs du Sénégal depuis l’indépendance auraient mérité le peloton d’exécution pour avoir, selon lui, dilapidé les ressources du pays.

« Sans complexe vis-à-vis des Français ou des Américains », ce musulman à la pratique stricte, parfois accusé d’une trop grande proximité avec les salafistes prône une sortie du franc CFA « responsable et intelligente ».

Natif de Thiès et ayant grandi en Casamance (sud) il est sorti major en 2001 de sa promotion à l’ENA, grande école d’administration publique sénégalaise.

Elu de peu député en 2017 selon la règle dite du « plus fort reste », souvent coiffé d’un feutre noir, il se montre à l’aise à la télévision et souriant lors de ses rencontres avec les militants, mais peine parfois à sortir de ses notes lors des meetings.

Issa Sall, l’invité surprise

A 63 ans, l’informaticien et universitaire Issa Sall, proche du mouvement religieux des moustarchidine, issu de la conférie tidiane, a surpris en parvenant à recueillir le nombre de parrainages requis, contrairement à des prétendants de notoriété supérieure.

Elu lui aussi député en 2017 il se présente sous la bannière verte et blanche du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), auteur d’une percée remarquée aux dernières législatives.

Originaire de Tataguine (ouest), formé à Dakar et docteur de l’Université George Washington (Etats-Unis), Issa Sall a travaillé dans le privé, pour l’administration sénégalaise et l’ONU, avant de fonder en 1998 à Dakar l’Université du Sahel (privée), qu’il dirige toujours.

Le programme de ce passionné d’arts martiaux, « discret » et « infatigable bosseur » selon son entourage, s’adresse en particulier aux plus démunis et propose d’introduire l’apprentissage de l’anglais et de l’informatique dès l’école maternelle.




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