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Réduction de la teneur en fer, sel, manganèse…18 milliards de FCfa pour améliorer la qualité de l’eau

Sur les flancs du Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, les engins accélèrent les travaux de terrassement de l’usine de déferrisation de Sébikotane. A Koungueul, les ouvrages d’une autre station de déferrisation se dessinent. A Fatick, le niveau d’exécution de la station de traitement de chlorure et de fluorure présage le respect des délais. Par contre, à Kaolack, les travaux des ouvrages de traitement seront lancés en 2018. Les investissements se chiffrent à environ 18 milliards de FCfa.

Dakar : A la source de la déferrisation qui coûtera 5,5 milliards de FCfa
Des pelles mécaniques, des poclains et des foreurs sont en activité au point K de Sébikotane, derrière le Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio. La construction de l’usine de déferrisation est dans la phase de terrassement. Sa capacité de traitement est de 40.000 mètres cubes par jour. Son coût s’élève 5,5 milliards de FCfa. Au bout des robinets, une eau incolore et inodore coulera à Thiaroye, Pikine, Guédiawaye et Hann-Maristes et dans la zone du Port de Dakar.

Ouvrage SonesL’image rappelle celle des carrières. Au fond d’un cratère, le ronronnement de quatre foreurs n’incommode pas les ouvriers. Ils sont certainement aguerris. Debout, derrière les manettes, des casques vissés à la tête, le buste couvert d’un gilet de couleur vert vif, des conducteurs de foreur actionnent sur les leviers. La variation des vrombissements est fonction de la nature des roches à transpercer. Des gravas argileux tirant vers le kaolin forment une chaîne de monticules. Des techniciens sont dans la phase de fixation des micro-pieux. Le fondement est la base de toute construction. La largeur et la profondeur des excavations donnent une idée des dimensions des ouvrages du point K, à Sébikotane, non loin du Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio. La capacité de traitement sera de 40.000 mètres cubes par jour. Au fond de trois cratères sortiront des ouvrages qui redonneront à l’eau rougeâtre qui coule dans la banlieue dakaroise ses caractéristiques de base : incolore et inodore. D’ici à 14 mois, de Guédiawaye au Port de Dakar, en passant par Pikine et Guédiawaye, des Sénégalais apprécieront les changements tant attendus.

La couleur rougeâtre et l’odeur de l’hydrogène sulfurée (H2S) décrite par les chimistes comme l’odeur d’œuf pourri seront dissipées. La teneur en fer sera de 0,1 mg/l contre 0,3 mg/l et le H2S sera éliminé. A côté du cratère où les engins sont en activité, deux autres sont disposés sur le flanc des ateliers. Sur le site seront construits des ouvrages de stockage et de traitement des boues… Avec cette usine, le Sénégal dépassera les normes de l’Oms. Le taux de fer sera rabattu à moins de 0,1 milligramme par litre. L’hydrogène sulfuré des eaux des forages de Pout-sud, Pout-nord, Pout Kirène de Sébikhotane sera éliminé. « L’ambition, c’est d’enlever complètement le fer, de l’amener de 1 milligramme à 0,1 milligramme par litre pour être en parfaite conformité avec les normes. C’est aussi de réduire le taux de l’hydrogène sulfuré qui donne à ces eaux l’impression d’odeur d’œuf pourri », détaille Charles Fall, directeur général de la Sones.

Pourtant l’eau distribuée dans les quartiers précités est potable. La perception collective refuse d’y voir clair. « C’est un projet important qui va améliorer la qualité de l’eau. Les populations ne peuvent pas concevoir que l’eau qui a une couleur rougeâtre soit propre à la consommation », relève la directrice des travaux de la Sones, Fatou Ndiaye.

L’importance du projet et l’urgence de répondre à une vieille doléance des populations ont remis au goût du jour le respect des délais au centre des échanges entre les techniciens de la Sones, l’entreprise et le bureau de contrôle des travaux représenté par Lamine Bara Mbaye. « Il nous faut inaugurer ces ouvrages dans 14 mois. Il faut un planning détaillé de la fourniture de matériel. Nous devons nous y prendre à temps », conseille le directeur général de la Sones. Au-dessus du site, le ciel est chargé de nuages. Ce sont des paramètres que l’ingénieur Ludovic Stoeffler n’ignore pas. Les pluies peuvent fausser le planning. A part cette donne, les techniciens donnent des assurances sur le respect des délais inscrits dans les cahiers de charge. « Je suis optimiste que les délais seront respectés », glisse Ludovic Stoeffler. Le temps nous édifiera.

Koungheul : Les ouvrages qui réduiront la teneur en fer prennent forme
Les contours des ouvrages de traitement de fer se dessinent près d’un nouveau château d’eau non loin d’une structure sanitaire à Koungheul. Dans un an, les habitants auront droit à une eau avec une teneur en fer conforme aux normes en vigueur.

La plateforme tourne à plein régime. A l’entrée, des ouvriers aux mains gantées sectionnent les barres de fer. A côté de cet atelier, la structure de coffrage de l’épaississeur est montée. En face, des maçons posent un assemblage métallique d’une autre infrastructure non loin des 22 lits rectangulaires de séchage. La forme des ouvrages se précise. « Nous avons un taux global d’exécution qui avoisine 30 % », évalue l’ingénieur Younouss Youssef.

Entre le château d’eau, les cabines de gestion, disons de télégestion, les bassins et les lits de séchage, un poclain enfonce son godet dans le sol, excave et fait marche arrière. Il déverse son contenu dans une benne. Celle-ci se retire pour verser son chargement. Le terrassement des ouvrages stratégiques a démarré. «Ici nous sommes au cœur de l’usine de traitement. Nous avons commencé avec les ouvrages les plus simples pour ensuite aller vers les plus compliqués », informe le directeur de projet à Aqualter, Philipe Jean.

Ouvrage eauAu cœur de l’usine trôneront le clarificateur, les filtres et une bâche d’eau… C’est l’épicentre de l’épuration de l’eau de Koungueul chargée en fer. « Le clarificateur permettra de réduire la turbidité par aération, ensuite l’eau passera par les filtres pour abattre le fer et le manganèse. Et, après ces filtres, elle sera stockée dans une bâche pour être pompée vers le château d’eau », schématise Philipe Jean.

Le système est complexe pour les non-initiés. Mais il est simple pour les spécialistes. L’épaississeur de forme cylindrique, en phase de coffrage, sera le moteur de traitement des boues. C’est à partir de cette installation que les boues seront envoyées vers les 11 lits de séchage. Ici, se passe la séparation entre les sédiments et les égouttures traitées. Ces dernières seront envoyées vers une fosse d’infiltration pour regagner la nappe. C’est une sorte de cycle fermé, avec des impacts nuls sur l’environnement.

Tout compte fait, au bout de la chaîne, l’eau sera d’une qualité meilleure pour le bonheur des populations. La concentration en fer qui est de l’ordre de 2,4 milligrammes par litre sera ramenée à 0,3 milligramme. Pour le manganèse, l’objectif est d’avoir 0,05 mg/l contre 0,26 mg/l actuellement.

L’attente a été longue. Le bout du tunnel s’approche. Déjà des voix autorisées font écho de la satisfaction d’une vieille doléance. « Nous sommes pressés de réceptionner cet ouvrage, car elle contribuera à préserver la santé des populations. Nous avons entendu les techniciens dire que le taux de fer dépasse les normes », se félicite le deuxième adjoint au maire de Koungheul, Daouda Diallo. Il a remercié le gouvernement du Sénégal. Il a fait un témoignage sur le directeur général de la Sones, Charles Fall, qui a effectué une quatrième visite sur le site pour assurer le suivi physique de l’exécution de ce projet. « En tant qu’élu local, j’ai très peu vu de directeurs généraux qui descendent sur le terrain pour suivre l’exécution des projets comme le fait Charles Fall », constate le deuxième adjoint au maire.

L’enjeu de l’amélioration de la qualité de l’eau, au regard ses implications sur la santé des populations, ne peut pas s’accommoder d’un suivi à distance. Surtout que ces quatre projets, d’un coût de plus de 13 milliards de FCfa, font l’objet d’un monitoring au plus haut niveau.

Fatick : Les travaux avancent à la station de traitement du fluorure et du chlorure
A Fatick, l’eau ayant une teneur anormale en sel ne coulera plus des robinets à partir de 2018. En face de l’hôpital de ville, les compartiments de l’usine de traitement de sel et de fer sont à un stade avancé. Après avoir couvert les besoins d’approvisionnement, le gouvernement a injecté de gros moyens pour offrir une eau conforme aux normes de l’Oms aux usagers.

Fatou Ndiaye SonesA l’ombre du château d’eau, les locaux technique et électrique sont presque achevés. Un peu avant, le dallage de l’abri des équipements de l’osmose est très avancé. Les lignes des bassins des boues sont nettes. Sur plusieurs compartiments, des ouvriers sont à l’œuvre. Le temps presse. Les délais sont incompressibles. C’est une question d’équité de donner aux populations de Fatick et du bassin arachidier une eau qui ne laissera pas de traces sur leurs dents. Ici, tous ont hâte de voir l’ouvrage mis en service. Les générations actuelles ne veulent pas que la marque « identitaire » soit transmise aux générations futures. « Depuis plus de 40 ans, ceux qui naissent et grandissent dans les régions de Fatick et Kaolack ont souvent la malchance d’avoir des dents qui ont une coloration de rouille. « C’est avec enthousiasme et satisfaction que nous attendons la réception de cette usine de traitement. Nous espérons que les enfants qui naîtront en 2018 n’auront pas les problèmes que nous avions », s’exprime le représentant du maire, Issakha Dieng.

Sur le chantier, en face de l’hôpital de Fatick, au bas bord de la route, les techniciens et les ouvriers ont le cœur à l’ouvrage. Le niveau d’exécution de l’épaississeur du bassin des boues, des lits de séchage… présage du gage des respects des délais. « L’absence de confort du goût conforte les consommateurs à se rabattre sur les eaux de pluie. Avec ce projet, les populations auront une concentration en fluor conforme aux normes de l’Oms et qui n’aura pas des effets néfastes sur leur santé », juge le préfet du département de Fatick, Mouhamadou Moctar Watt.

La corrélation entre la forte concentration en sel de l’eau et certaines maladies était rapportée par les populations. Elle a été confirmée par les spécialistes en santé. « Nous n’ignorons pas l’impact de la consommation du fluor et de l’eau des puits sur la santé des consommateurs. Il est souvent signalé des cas de fièvre typhoïde », renseigne le préfet.

Le gouvernement, à travers le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, s’est engagé à apporter des réponses durables à un problème qui prend sa source dans l’aquifère fluorée du Maastrichtien du bassin arachidier. « Après avoir relevé le défi de la production dans des villes secondaires comme à Fatick, nous voulons relever le défi de la qualité. L’usine nous permettra d’avoir une eau de meilleure qualité avec des teneurs en sel aux normes de l’Oms », a fait savoir le directeur général de la Sones, Charles Fall. Ainsi l’eau n’aura ni une couleur, ni un goût. Les habitants peuvent la consommer sans courir de risques sanitaires. La station devrait rabaisser le taux de fluorure de 5 mg/l à 1,5 mg/l, alors que le chlorure, qui est actuellement de 600 mg/l, sera ramené à 250 mg/l. La station aura une capacité de traitement de 150 mètres cubes par heure. Son coût s’élève à 2,5 milliards de FCfa. Dans cette ville, le gouvernement a déjà injecté une dizaine de milliards de FCfa pour augmenter la production et pour les extensions de réseau, entre autres. La production a été sécurisée sur plusieurs années. A Kaolack, d’autres stations de traitement du chlorure et du fluorure seront construites en 2018 pour un coût global de 8 milliards de FCFa.

FATOU NDIAYE, DIRECTRICE DES TRAVAUX DE LA SONES : « Ces investissements n’auront pas une incidence sur le prix du mètre cube »
Le gouvernement du Sénégal, avec le concours des partenaires comme la Boad (Banque ouest-africaine de développement) a consenti de lourds investissements pour construire des ouvrages de défluoration, déferrisation, déchloration à Sébikhotane, Fatick, Koungheul et prochainement à Kaolack. Le coût de l’amélioration de la qualité de l’eau ne sera pas répercuté sur le prix du mètre cube. « Ces travaux n’auront pas une incidence sur le prix de l’eau », précise la directrice des travaux de la Sones, Fatou Ndiaye.
Reportage de Idrissa SANE, le soleil

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