SÉNÉGAL : Dialogue politique: Macky et la main tendue de l’opposition

Macky va-t-il décortiquer le message à lui transmis par son opposition ?

Cette question nous taraude l’esprit quand nous avons pris connaissance, en substance, du communiqué conjoint signé par les quatre candidats malheureux à la Présidentielle, posant la condition d’une commission indépendante composée de personnalités neutres pour piloter le dialogue politique.

Car, à vrai dire, l’opposition vient de faire là, une concession de taille. Elle se dit disposée à dialoguer, dans l’intérêt supérieur du Sénégal. Et ce n’était pas là sa position de départ. Les leaders politiques avaient opposé un niet catégorique à la main tendue de Macky. Ousmane Sonko de Pasteef parlait même de Bob Marley qui serait présent si lui il l’était à ce dialogue. Un humour noir qui en dit long sur leur aversion à discuter avec celui dont il ne reconnaissait pas la victoire.

Aujourd’hui, elle change de fusil d’épaule. Elle est disposée à dialoguer, répondant ainsi favorablement à cet appel du Chef de l’Etat et à cette observation du Ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye qui bannissait la politique de la chaise vide.

Avec ce communiqué, il faut que Macky comprenne que, suite à son appel, c’est l’opposition qui lui fait, cette fois-ci, une main tendue. Elle lui dit, en substance, que ‘’nous avons fait une concession, c’est à vous d’en faire’’. Et cette concession, c’est d’admettre que le jeu soit arbitré par quelqu’un de neutre. Et nous ne pensons pas que c’est trop demandé.

En effet, l’opposition a toujours récusé le Ministre de l’Intérieur et elle entend être fidèle à sa logique de départ et se solidariser d’une certaine manière avec le Pds qui ne veut pas y participer justement pour cette raison, entre autres.

Elle veut faire amende honorable dans une certaine mesure, comme qui dirait, sauver la face en faisant accepter une exigence qui, en réalité n’en est même pas une. Car, l’arbitre neutre est une condition sine qua none de rapprochement de personnes ou d’institutions qui ont des positions tranchées opposées. Et ce n’est que logique car mettre face à face Aly Ngouille et l’opposition, c’est manifestement aller vers un dialogue de sourd.

Dès lors, il nous semble que la logique, ici, c’est de nommer des personnalités indépendantes, de la Société civile notamment, afin qu’elles pilotent ce dialogue si l’on veut qu’il ait des chances de réussite. Etre juge et partie n’est pas forcément une meilleure chose dans des concertations de ce genre. C’est pourquoi Macky peut, pour une fois, faire une concession. Une petite.

Nous ne pensons pas d’ailleurs que la lettre de l’Opposition s’adresse à Aly Ngouille Ndiaye. Elle est destinée à Macky qui doit en comprendre le sens et prendre les mesures qui s’imposent.

Autrement, s’il ne n’arbitre ce jeu et ne réagit pas à la contre-proposition de l’opposition, celle-ci peut en effet se dire qu’il est vain d’aller dialoguer avec quelqu’un qui n’est pas du tout prédisposé.

Car, il serait logique de penser que si Macky ne fait pas de petites concessions à ce niveau, il ne le fera pas sur des questions importantes comme le fichier électoral, la cartographie électorale, etc.

En clair, à la main tendue de Macky, l’opposition a apposé une autre qui demande un esprit plus chevaleresque de la part du Président de la République. Car, la démocratie est aussi une question d’élégance, de compromis, de concession, de compréhension, de hauteur de vue, de dépassement.

Autrement, l’opposition peut penser que cet appel au dialogue n’est rien d’autre qu’un prétexte pour réunir ses acolytes pour trouver le moyen de repousser les élections locales et même législatives.

Etelle n’aurait pas forcément tort…




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