SÉNÉGAL : LES CONFUSIONS DANS LES AVANCEMENTS PAR ÉCHELONS OU PAR GRADE

Dans cette partie de l’étude sur la rémunération des agents de l’administration sénégalaise, l’intérêt est placé sur les avancements en échelon ou en grade qui se font généralement plus par ancienneté que par mérite, ce que signale l’étude pour le déplorer.

Des confusions et des amalgames entre avancement d’échelons et l’automatisme des avancements de grade. En effet, vertu des dispositions statutaires, les avancements de grade doivent s’opérer selon le principe de la péréquation, qui prévoit un pourcentage de potentiels promus par grade (ou classe), variant de 10 à 40% et sur la base de l’effectif théorique de chaque corps. Cependant, relève l’étude, le principe de la péréquation et la notion d’effectif théorique ont été progressivement abandonnés. Ce qui a eu pour effet de faire perdre aux corps leur structure pyramidale, devenue de ce fait cylindrique, voire celle d’une pyramide renversée. Ceci, d’après l’étude, conjugué à l’inapplication du nouveau système d’évaluation basé sur les performances, qui devait être mis en œuvre à travers des contrats d’objectifs, dans le cadre de la gestion axée sur les résultats, a fait de la procédure de notation un simple rituel ne donnant lieu à aucune évaluation objective. Ce qui entraine des conséquences néfastes sur la motivation des agents et sur le gonflement de la masse salariale. « Les dispositions des textes en matière d’avancement n’étant pas respectées et la grande majorité des agents obtenant les notes suffisantes à les faire avancer dès lors qu’elles sont au-dessus de la moyenne, les avancements de grade se font ainsi automatiquement, plus par ancienneté que par mérite, ce qui ne favorise, ni la motivation, ni les efforts de productivité », relève-t-on dans l’étude. De même le document signale qu’il y a des directeurs d’agences qui ont un salaire supérieur à celui de leur ministre de tutelle. Les rémunérations de ces dirigeants atteignent ainsi des niveaux insoupçonnés.

Des directeurs qui ont un salaire supérieur à celui de leur tutelle

« Il est incompréhensible, quelle que soit l’importance de ces agences d’exécution, que leurs dirigeants aient des rémunérations de loin supérieures à celles de leurs ministres de tutelle et même, parfois, quatre à cinq fois supérieures à celles des agents les mieux payés de ces ministères. C’est ainsi que, par exemple, un Directeur général d’une entité de 1ère catégorie peut se retrouver avec une rémunération de 16,5 millions de francs CFA, au lieu des 7,5 millions auxquels il serait en droit de prétendre », dénonce l’étude. Pour notre source, la hausse de la masse salariale est liée aux cinq facteurs. Lesquels sont la hausse des recrutements, la promotion de agents, la revalorisation des salaires indiciaires ; la multiplication des primes et indemnités et la baisse des sorties de carrière, auxquels il convient d’ajouter la mesure prise par l’Etat sénégalais, en 2005, de relever l’âge de la retraite. Ce qui a négativement impacté le niveau déjà élevé de la masse salariale. Cependant, des recommandations ont été formulées pour un retour à l’orthodoxie statutaire, à travers le respect du principe de la grille indiciaire.

Recommandations

La première recommandation c’est l’annulation des décrets instituant des rémunérations ou indemnités de fonctions globales en lieu et place de soldes indiciaires et, au besoin, le relèvement de l’échelonnement indiciaire des corps concernés (IGE, magistrats, Conseillers en organisation, etc.). Il s’y ajoute l’incorporation dans les rémunérations de base des augmentations successives en valeur absolue intervenues au cours de ces dernières années. De même, il faut également la mise de modalités d’indexation de la valeur du point indiciaire sur le coût de la vie, sur une base périodique de 3 à 5 ans. La rationalisation, l’harmonisation et la simplification des régimes indemnitaires doivent être de rigueur.




Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*