Sénégal SEDHIOU – La Sénégalo-Coréenne Kim Sung Yung, un modèle de réussite dans l’hôtellerie-restauration

Ses 27 ans passés au Sénégal, ont fini de faire d’elle, une Africaine, une Sénégalaise bien intégrée. Elle parle presque toutes les langues locales et défie même des mandings dans certaines tournures mais elle n’a rien oublié de son coréen, sa langue maternelle. Elle se plait à la parler avec son mari, Moussa Souané qu’elle a rencontré en Corée du Sud où il était allé faire son doctorat en nutrition. Au même moment elle faisait son master dans le même domaine. De l’estime réciproque à l’amour puis le mariage et enfin le retour au pays natal pour le mari devenu docteur en nutrition à l’institut de technologie alimentaire (ITEA).

Pour vivre leur métier, le mari a créé ‘’Co Aid Industry’’, une petite industrie fabriquant des produits alimentaires à partir des céréales locales. Alors l’idée est venue à la femme de créer un restaurant pour, dit-elle, non seulement consommer les productions de l’industrie, histoire de soutenir son époux, mais également d’appuyer les efforts de l’Etat dans la lutte contre la malnutrition et surtout de créer un environnement de loisirs pour accueillir les familles qui peinaient la nuit à trouver un endroit où se prélasser.

Alors en 2012, elle se résolut à se faire un nom sur un terrain qui était déjà bien occupé. Elle crée un restaurant où la qualité des plats, la propreté des locaux, le service exceptionnel à la clientèle, le confort offert aux clients, l’ont permis de se faire de la place. « J’ai déjà reçu trois fois des délégations du président de la République. Et ce n’est pas une commande de moins de trois cents personnes que j’ai gérée toutes les fois », a-t-elle expliqué. En dehors de ces marchés rares mais très juteux, madame Souané née Kim Sung Yung jouit aussi d’une certaine notoriété auprès des chefs de service qui lui confient beaucoup de marchés liés aux séminaires de formation.

Pour joindre l’utile à l’agréable, Madame Souané a pensé créer une clientèle de proximité. « J’ai constaté que ceux qui venaient prendre le diner chez moi venait d’autres auberges et hôtels. L’idée m’est venue d’ouvrir des sites touristiques à moindre coût. C’est ainsi qu’elle a ouvert trois sites où se déversent les vagues du fleuve Casamance et où, de sa chambre, on aperçoit à perte de vue les activités fluviales. Pour faire la différence, elle offre le petit déjeuner et le diner aux occupants durant tout leur séjour sachant que généralement ils prennent le déjeuner dans les salles de séminaire. La facture est à 17.500 F quand on est en single climatisée et à 25.000 F s’il s’agit d’une double climatisée.

Mais le secteur a ses difficultés. Madame Souané déplore la cherté des produits. 3500 f le kilogramme de viande, une carotte souvent à 200 f, pour le poisson il faut se rendre à Kafountine ou à Ziguinchor soit près de 200 kilomètres en aller seulement. Elle a aussi souligné les lenteurs administratives sur son projet de construire un hôtel à 25 chambres mais qui bute sur l’octroi du bail. « J’ai le plan cadastral, j’ai le plan de construction mais voilà des années que je cours derrière mon bail. Tantôt on me dit que le dossier est au ministère des Finances, à la Primature ou à la Présidence », a-t-elle déploré. Autres griefs conte l’autorité, ce sont ses multiples demandes de financements pour ses projets qui n’ont jamais abouti. « Jai toujours déposé une demande au niveau de tous les programmes qui fiancent des projets individuels ou familiaux à Sédhiou mais je n’ai jamais obtenu satisfaction. J’ai aussi fait des simulations de prêt au niveau des banques mais le taux d’intérêt est plus que décourageant », a-t-elle clamé. A cela s’ajoutent les multiples taxes à payer. Elle explique qu’elle ne bénéficie pas d’exonérations parce que Sédhiou n’est pas encore considérée comme destination touristique. Par conséquent, son entreprise est essoufflée par les taxes de tous ordres.

Toutefois, madame Souané tient à sauver son métier en comptant pour l’instant sur le soutien de son mari et sur ses recettes journalières. Elle trouve dans l’hôtellerie et la restauration beaucoup d’humanités. « J’ai beaucoup de plaisir à rencontrer des étrangers, à faire leur connaissance, à travailler avec les autorités locales que je remercie beaucoup pour leur collaboration et la confiance qu’elles ont mise en moi et que pour rien je ne trahirai ».




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