Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a réagi à la polémique consécutive à une émission matinale diffusée sur la RFM le 27 août 2026. L’instance condamne les insultes, intimidations et menaces de mort dirigées contre l’animateur et journaliste Babacar Fall.
L’émission concernée avait reçu Abdou Sy, présenté comme le frère de Serigne Moustapha Sy, responsable moral de la Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty (DMWM). Dans un communiqué publié à Dakar le 28 août, le CORED souligne la sensibilité des sujets mêlant religion confrérique et relations familiales au Sénégal.
Un appel à protéger le journaliste
Pour le CORED, une éventuelle faute professionnelle ne peut justifier des menaces ou des actes d’intimidation contre un professionnel de l’information. L’organe d’autorégulation demande aux autorités compétentes de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité de Babacar Fall.
Il rappelle qu’aucun individu, groupe de pression ou mouvement ne peut se substituer aux mécanismes de justice ni exercer des pressions, du harcèlement, des menaces ou du chantage verbal à l’encontre d’un journaliste dans l’exercice de son métier.
Déontologie et voies de recours
Le CORED rappelle également les principes encadrant la liberté d’informer et le droit du public à une information pluraliste. Selon l’instance, la Constitution, le Code de la presse et la Charte des journalistes imposent un traitement libre, indépendant et équilibré de l’actualité, dans le respect de la vérité des faits.
En cas de mise en cause, le Conseil renvoie au principe du contradictoire et au droit de réponse, prévus par les articles 84 à 90 du Code de la presse. Il précise aussi que toute personne physique ou morale peut le saisir pour une violation présumée des règles d’éthique et de déontologie, conformément à l’article 13 de ses statuts.
Compte tenu du caractère privé et confrérique de l’affaire, le CORED appelle les médias à la prudence, à la responsabilité et au professionnalisme. Il invite par ailleurs les acteurs concernés, les mouvements religieux et les citoyens au calme, à la retenue et au recours aux voies légales en cas de contestation.