Un site se présentant comme un centre de recherche américain indépendant aurait été utilisé pour influer sur les réponses produites par des outils d’intelligence artificielle au sujet de la guerre à Gaza. D’après une enquête du Guardian, relayée par Dakaractu, le Hanover Institute for Public Policy ne disposerait ni d’existence légale, ni d’adresse physique, ni de personnel identifié.
La plateforme a publié 124 rapports entre le 6 et le 14 août 2026, soit plus de 560 000 mots. Ses publications abordaient notamment le génocide à Gaza, l’antisionisme, l’antisémitisme ou encore le déplacement des Palestiniens. Elles s’appuyaient sur des sources reconnues, tout en présentant, selon le Guardian, des éléments visant à relativiser les constats défavorables à Israël.
Des contenus conçus pour les modèles de langage
Le site comportait un fichier technique destiné à guider les robots d’indexation des intelligences artificielles vers certains contenus. Cette méthode, appelée Generative Engine Optimization, consiste à adapter des publications afin qu’elles soient considérées comme pertinentes par les modèles de langage.
Responsible Statecraft a soumis douze rapports de Hanover à un logiciel de détection de textes générés par IA : onze ont été signalés comme probablement produits par intelligence artificielle. Le média 404 Media est arrivé à une appréciation comparable sur son propre échantillon. Cette automatisation pourrait expliquer le rythme très élevé de publication relevé par les enquêtes.
Un montage documenté dans les déclarations américaines
Selon les documents déposés aux États-Unis au titre du Foreign Agents Registration Act, l’agence gouvernementale israélienne de publicité LaPam aurait commandé cette campagne. Havas Media Germany aurait ensuite fait appel à l’entreprise new-yorkaise Piro Inc. Les factures citées font état d’un contrat de 900 000 dollars, complété par 100 000 dollars pour deux mois supplémentaires.
Politico avait publié une première enquête le 14 août 2026 sur cette opération. Le média indique avoir constaté que ChatGPT et Perplexity citaient des contenus de Hanover en réponse à des questions neutres sur Gaza, l’antisionisme et l’antisémitisme.
Un nouveau site après les révélations
Le 27 août, un site nommé IsraelFact est apparu avec des éléments techniques et des mentions légales similaires à ceux de Hanover, selon le Guardian. Dakaractu rapporte également que Politico évoque des dépenses plus larges engagées par Israël depuis 2023 pour ses actions de communication, dont une partie viserait les contenus susceptibles d’être repris par les intelligences artificielles.