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«Vers une crise ÉNERGÉTIQUE et une guerre contre l’Iran ?»

Les États-Unis menacent d’isoler complètement le pétrole iranien, ce qui priverait Téhéran de sa principale source de revenus et le monde d’importantes quantités d’hydrocarbures. Washington marchande avec l’Inde et la Chine pour tenter de les ranger de son côté. Qu’arriverait-il au monde si Donald Trump parvenait à ses fins ? L’Iran exporte des quantités importantes de pétrole, qu’il sera difficile de remplacer. Ses exportations s’élevaient en avril à 2,62 millions de barils par jour et ont atteint un nouveau record à 2,7 millions de barils en mai, avant de légèrement redescendre en juin à 2,61 millions de barils. Selon les informations de juin, la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud ont importé d’Iran au total 1,8 millions de barils. En d’autres termes, les pays asiatiques représentent près de 70% de toutes les exportations de pétrole iranien.

«L’abandon des exportations pétrolières iraniennes créerait un immense déficit sur le marché et le prix du baril s’envolerait. La cessation de toutes les exportations serait nuisible pour l’Iran et ses dirigeants», explique l’expert de la Fondation pour la sécurité nationale énergétique Igor Iouchkov. Pas étonnant, donc, que Téhéran ait sorti son atout en menaçant de mesures radicales — à savoir bloquer le détroit d’Ormuz par lequel transite au moins 20% du pétrole mondial. Évidemment, l’Iran le ferait uniquement s’il n’avait plus d’autre choix, parce que les conséquences seraient désastreuses.

Cela provoquerait une pénurie sur le marché pétrolier mondial, et une crise énergétique encore pire qu’en 1973 éclaterait. Le monde ne serait pas seulement privé de pétrole iranien: le pétrole ne pourrait plus quitter le Koweït, le GNL ne partirait plus du Qatar, et l’Arabie saoudite ne pourrait pas non plus exporter ses hydrocarbures. Ce qui découlerait logiquement sur une frappe militaire des États-Unis contre Téhéran. «Tous les États sunnites et Israël la soutiendraient. Ce serait la fin de l’Iran sous sa forme actuelle», ajoute l’expert.

Cette fois, les USA insistent sur l’interdiction totale des exportations de pétrole iranien. Ce qui n’était pas le cas la dernière fois que l’Iran avait été frappé par les sanctions. Des sanctions similaires à 2012 n’auraient pas aujourd’hui autant d’effet sur l’Iran, c’est pourquoi les USA veulent faire pencher l’Inde et la Chine de leur côté. Par ailleurs, les experts ne croient pas à l’isolement total du pétrole iranien. «Les pays asiatiques continuaient d’importer le pétrole iranien même dans le cadre des sanctions précédentes. Et aujourd’hui, il n’est pas prouvé que l’Europe renoncera aux importations iraniennes», déclare Vassili Tanourkov, directeur adjoint de la société ACRA. Par ailleurs, toute cette histoire pourrait finalement se révéler bénéfique pour la Chine. «Quand les Européens et les Américains quitteront le marché iranien, la Chine s’implantera encore davantage sur le marché pétrolier iranien et dans tous les autres secteurs économiques», conclut Igor Iouchkov.

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