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VIE ET ŒUVRE DE MOUSSA BOUKARY SARR Le fondateur du village de Ngawlé (Suite)

Écrire sur la vie de Moussa Boukary Sarr, c’est surtout démontrer sa position par rapport au rôle qu’il a eu à jouer, d’une part, dans le développement de l’islam et, d’autre part, sur la stabilité sociopolitique dans le Fouta Toro  avant et au moment de la révolution théocratique au temps de l’almamiyat. Ainsi, écrire l’histoire de cet homme est important au vu de  la dimension  de son œuvre. Ces raisons devraient nous inspirer  tous à méditer  sur son passée fait, l’histoire a toujours joué un rôle important dans  la connaissance du passé, dans le développement économique et social des peuples. Cela est confirmé par André Gide qui disait : « un peuple qui n’honore pas son passé est un peuple qui n’a pas d’avenir » C’est ce qui justifie notre action pour mettre à la disposition des génération actuelles et futures ce livre sur la vie de cet homme exceptionnel ;une vie pleine d’enseignements pour transcender les difficultés  quotidiennes qui nous assaillent .Pour dire que l’Afrique et le Fouta en particulier ont toujours eu des hommes courageux ,dignes et intègres, très ancrés dans leur culture pour servir de référence.

Ainsi, retracer la vie et l’œuvre de Moussa Boukary est d’une importance capitale non seulement pour nous musulmans mais aussi et surtout pour ses descendants. En effet, Moussa Boukary a marqué son époque   . De son Fouta natale où il a vécu, au désert  mauritanien d’où il est passé, …   Moussa Boukary a franchi beaucoup d’étapes. Il a écrit de belles pages :

De la maitrise du saint-Coran,  à la connaissance profonde de la loi islamique, (ses œuvres littéraires… ) Moussa Boukary possédait également un immense savoir occulte. Son fusil  (Tabalde Ngoudaane…) avec lequel il a tout dompté  sur son passage. Il  a combattu pour la propagation de l’islam et sa solidification. Il a su fonder son propre village Ngawlé dont le nom a fini de faire le tour du monde.

C’est pourquoi nous sommes tous interpelés, chacun à son niveau, pour écrire  sur la vie de ce grand marabout, vaillant guerrier et fondateur du village de Ngawlé S’il a fallu de grands hommes pour faire l’histoire, il en faut d’autres pour l’écrire. L’histoire n’a pas de mystère.

En ce sens, il nous faudra garder et porter très haut les serments que nos grands parents qui vivaient au bord de l’eau nourricière de la vallée du fleuve Sénégal avaient avec fierté prêtés ; ces serments étaient centrés autour des concepts  de sagesse, de solidarité, d’honnêteté, de vérité, de respect, de  la parole donnée, et de grandeur antique des âmes pures, …

En écrivant   ce livre sur la vie et l’ œuvre de Moussa Boukary Sarr , ma pensée va directement a mon défunt père(Qu’Allah l’Agrée dans sa miséricorde)  qui  n’ a cessé durant toute sa   vie  de raconter histoire de Moussa Boukary Sarr et de son village natal ; ses récits constituent aujourd’hui la source  essentielle et la base de mon inspiration pour réaliser ce travail .  Mon objectif dans ce projet est  d’analyser les informations que j’ai eu  à recueillir, les recherches que j’ai eu à mener par différentes sources et de les  restituer fidèlement.

Dans le cadre de mes recherches j’ai interrogé  les sages du village de Ngawlé sur l’histoire de l’homme et du village  qu’il a fondé. J’ai également écouté les récits de certaines personnes qui ne sont pas du village en fonction de ce qu’elles ont pu entendre. J’ai aussi consulté les documents écrits et les objets qui appartenaient à Moussa Boukary Sarr. Pour la version orale  nous nous sommes appuyés sur nos entretiens avec les   sages du village de Ngawlé, notamment    Abdoulaye Bocarel Sarr, Ousmane Wade (Oussel),  Bocar Aliou Seck, Thierno Hamadi Samba Sarr, Hamadi Adama MBodji, Hamet Diabé Wade  Yaye Faty Guéyel, Samba Ndar, etc. Tous disparu au moment où je termine ce livre. Qu’Allah les Accueille dans son beau et grand paradis. Amine.

Cependant,  j’ai rencontré des difficultés dues essentiellement à la chronologie  des faits (l’ordre de succession des évènements et  les dates). Pour les documents écrits, j ai trouvé quelques passages qui parlent de Moussa Boukary Sarr dans des livres écrits par de grands auteurs comme Tène Youssouf Gueye (quelques visages du sud mauritanien)  Ibrahima Sow (le monde des soubalbés) Oumar Ba et El hadj Hadramé Mamadou Dia (visage du Fouta) ; mais  l’insuffisance des informations  et   de documents écrits  sur Moussa Boukary Sarr et Ngawlé n’ont pas facilité mes recherches. Néanmoins on peut considérer la source orale (la tradition orale) comme une source essentielle dans nos sociétés traditionnelles africaine et

Même ailleurs. Si on se rappelle  aujourd’hui qu’une partie importante de l’histoire de la Grèce repose sur l’Iliade et l’odyssée c’est à cause de la source orale.  Concernant les documents iconographiques, il est important de préciser le livre du saint Coran repris de sa plume, Son œuvre  Koumbaa Sarr et Boubou, son maktouma .Les objets qu’il a laissé, les restes de la queue de son éléphant, les restes des ossements de Ngaari Ngawlé, la chevelure de la femme djinné, son  tambour et son fusil Tabalde Ngoudaane, etc. Dont certains sont accessibles bien que jalousement gardés par quelques membres de la famille, tandis que  d’autres ont mystérieusement disparu, notamment  Tabalde Ngoudaane : le tambour et le fusil.    Malgré ces recherches, quelques facettes de  la vie et l’œuvre de Moussa Boukary restent encore méconnues.

D’abord l’honneur revenait à l’éléphant femelle qui devait, la première, user de ses connaissances et de son savoir occulte pour soigner l’éléphant mâle contre le venin qui lui a été injecté  par la balle venant du fusil  de moussa. Ainsi elle disait :

«  Ngouri, ngouri doumbé.

Ngoré, ngoré doumbé.

Ngoré, ngoré tamba doumbé.

Diassi ko tamba doumbé.

Fetel ko tamba doumbé. »

Lorsque l’éléphant femelle commença à réciter les premiers mots de la formule contre le venin, l’éléphant mâle remua une oreille.

Ensuite ce fut le tour du phacochère  d’entrer dans le bal mystérieux et de livrer ses secrets. Il dit :

« Bismillahi miti miti.

Dioulka alkou méké.

Doukourou, woukourou.

Dioudiou koul … »

Au tour du chacal de dire :

« Tato ya fourou, ya fourou wokassado.

Koumbaa Sarr djikimakaya, alamakaya

Darak ountou, soukou youkouyu.

Watane touni “

Arrive le tour de l’hyène  qui disait :

« Tala taka ayessé ayassé koumba ligué

Ligué idia dia moursaline.

Souba igna tooké »

Ainsi, à tour de rôle tous les animaux qui étaient présents usèrent de leurs connaissances et de leurs savoirs secrets par des formules mystiques pour sauver l’éléphant blessé.

À la fin de chacune de ces formules dites, l’animal couché remuait un de ses membres. Enfin l’éléphant se releva. Moussa Boukary  qui était resté à distance, assistait à toute la scène, en même temps il avait mémorisé tout ce qui se disait dans cette journée historique baptisée «Koumbaa Sarr », il laissa la vie sauve à l’éléphant mâle qu’il apprivoisa et qui devint l’un de ses fideles serviteurs avant de rencontrer Ngaari Ngawlé.

Quant à l’autre partie du livre « Koumbaa et Boubou » elle parle généralement du monde aquatique. Elle explique comment dompter le grand crocodile,  le mâle, du fleuve à la puissance occulte, comment se défendre ou attaquer l’hippopotame dévastateur à la science infuse comment faire face aux mystères du fleuve ….

Moussa Boukary Sarr  avait aussi la faculté et le pouvoir de se rendre invisible en se transformant en courant d’air ou en éléphant ; de même il connaissait  la signification des grandes profondeurs d’eau pour avoir séjourner plusieurs fois dans ce monde incertain et mystérieux ; dans ce monde étrange, grave, plein de danger, de phénomènes et de génies où le doute et l’angoisse nous font frissonner de peur ou de plaisir.

Bien que ses parents aient quitté le village de « Lollungo e Jammule » Moussa Boukary est allé sur les lieux pour chasser l’éléphant, l’endroit abritait une importante colonie de mammifères ongulés. Moussa  Boukary qui  était un grand chasseur se déplaçait  assez  souvent, parfois parcourrait de très longues distances ; il avait un pouvoir qui lui permettait d’apprivoiser des animaux sauvages : il s’était servi d’un éléphant  comme monture  avant de rencontrer  Ngaari Ngawlé.

Cet éléphant qu’il avait apprivoisé dans la journée exceptionnelle nommée «Journée Koumbaa Sarr »  deviendra plus tard pour Moussa Boukary plus qu’une simple monture, mais un fidèle compagnon et un allié qui défendait   le village de Ngawlé contre les attaques de maures hassanya, qui pillaient parfois  aux environs de Ngawlé. L’éléphant  de Moussa Boukary qui, souvent se trouvait dans les parages, les pourchasser, tuant même certains d’entres eux.

A Suivre……..

 

 

Source : PODORINFOS.COM

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