L’Association des juristes sénégalaises (AJS) a exprimé son soutien à l’Association des juristes maliennes (AJM) dans son engagement contre les mutilations génitales féminines (MGF) au Mali.

Dans une lettre adressée à la présidente de l’AJM, la présidente de l’AJS, Aminata Fall Niang, considère que ces pratiques relèvent d’une violation des droits humains. Elle met notamment en avant leurs atteintes aux droits fondamentaux, à la sécurité, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique, ainsi qu’à la santé des femmes et des filles.

Une mobilisation collective jugée nécessaire

Pour l’AJS, l’élimination des MGF suppose une action collective, durable et coordonnée. L’association cite les organisations de la société civile, les autorités publiques, les professionnels du droit et de la santé, les leaders communautaires, les médias et les communautés concernées parmi les acteurs appelés à contribuer à cette lutte.

L’organisation sénégalaise rappelle également son attachement aux engagements internationaux et régionaux portant sur l’élimination des violences et pratiques préjudiciables envers les femmes et les filles. Elle fait référence à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et au Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique.

Prévention, justice et accompagnement

L’AJS souligne le rôle des organisations de défense des droits des femmes, particulièrement celui des associations africaines de femmes juristes. Leur action concerne notamment le plaidoyer pour le renforcement des cadres juridiques, l’accès des survivantes à la justice, la prévention des violences et la transformation des normes sociales qui maintiennent ces pratiques.

Selon l’association, la lutte doit s’appuyer sur une approche fondée sur les droits humains. Celle-ci comprend la prévention, l’accompagnement des survivantes, la poursuite et la responsabilisation des auteurs, mais aussi l’éducation, la sensibilisation et l’autonomisation des communautés.

L’AJS se dit enfin disponible pour approfondir sa collaboration avec l’AJM, à travers le partage d’expériences, des actions conjointes de plaidoyer, la sensibilisation communautaire et le renforcement des capacités des acteurs engagés dans la protection des droits des femmes et des filles.