La piraterie maritime connaît une nouvelle poussée au large de la Somalie. Depuis avril 2026, les attaques ont atteint un niveau inédit depuis plus de dix ans, rapporte TV5MONDE. Cette évolution intervient alors que les tensions entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que le blocus ciblé attribué aux Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb, bouleversent les routes maritimes régionales.
Entre janvier et la fin août, au moins 13 navires ont été arraisonnés. Six étaient encore détenus contre rançon à la fin du mois, selon la chaîne. Des analyses de sécurité maritime citées dans l’article font état d’un déplacement de navires commerciaux vers les côtes somaliennes afin d’éviter les zones de conflit, tandis que les patrouilles antipiraterie auraient diminué depuis le début de la crise.
Deux navires ciblés en août
Le MV Lutuf, un cargo battant pavillon camerounais, a été attaqué le 17 août au large du Puntland, dans le nord de la Somalie. Trois jours plus tard, le MT Sibu 1, un tanker de produits pétroliers sous pavillon érythréen, a été arraisonné près des côtes yéménites.
Le Lutuf a ensuite été libéré, mais les circonstances font l’objet de versions opposées. Mogadiscio affirme qu’une opération menée avec la Turquie a permis sa libération et causé la mort de 14 pirates. Les autorités du Puntland contestent cette version et soutiennent qu’une rançon a été versée.
Frappes de drones et versions contradictoires
Après l’arraisonnement d’un navire soupçonné de transporter des armes turques, une frappe de drone a tué quatre personnes au large de la région de Nugaal, au Puntland. Le gouvernement du Puntland a déclaré que des pêcheurs avaient été bombardés les 25 et 27 août. Le gouvernement fédéral somalien a reconnu avoir été informé à l’avance de la frappe, tout en mettant en doute le caractère civil des victimes.
Selon TV5MONDE, quatre des six navires détenus contre rançon seraient ancrés près de Bander Beyla, un port de pêche du Puntland. La reprise des attaques s’inscrit aussi dans un climat de colère contre la pêche industrielle étrangère, accusée d’affaiblir l’activité des pêcheurs locaux.
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