Un prix peut donner de la visibilité. Une machine à coudre peut aider à ouvrir un atelier. Au terme de la deuxième édition du Centimètre d’Or, organisée les 23 et 24 octobre au Centre culturel Blaise Senghor de Dakar, l’Association des acteurs de la mode associés du Sénégal (AMAS) a choisi d’associer ces deux dimensions. Selon le compte rendu de Senego, des machines ont été remises aux lauréats pour accompagner leurs premiers pas professionnels.

Faire durer le travail après le podium

Ameth Diop, président de l’association, présente cette initiative comme un soutien à la jeune génération. La cérémonie a notamment réuni Fatou Sène Dogue, directrice du centre, et Abdou Simbandy Diatta, directeur général du Musée des civilisations noires. Ce dernier a souligné l’importance de valoriser la création sénégalaise.

La dotation en matériel donne au concours une portée pratique : elle concerne l’outil de production, au-delà de la récompense symbolique. Elle ne suffit pas, à elle seule, à garantir des commandes ou la rentabilité d’un atelier, mais elle correspond à l’ambition entrepreneuriale affichée par l’organisateur.

Une ambition qui dépasse Dakar

Dans ses entretiens précédant l’événement, Ameth Diop insistait sur la volonté de fédérer les professionnels des quatorze régions. Cette dimension nationale est importante pour comprendre le projet : la manifestation se tient dans la capitale, tandis que son discours porte sur la diversité des savoir-faire du pays.

Le concours avait été annoncé comme un espace de rencontre et de transmission entre générations. La protection des créations, le financement et la formation figuraient également parmi les préoccupations exprimées par l’AMAS. Ce programme traduit une approche plus large que la seule présentation de vêtements sur scène.

Consommer local, former et protéger les créations

Le responsable défend notamment le consommer local et la lutte contre la contrefaçon. Il appelle à un accompagnement public permettant aux jeunes de développer leurs compétences et de mieux structurer leur activité. La couverture sociale des professionnels de la culture fait aussi partie des sujets qu’il a soulevés avant cette édition.

Pour les ateliers sénégalais, l’intérêt de cette démarche se mesure donc sur plusieurs plans : apprendre un métier, disposer du matériel nécessaire et pouvoir tirer un revenu de ses créations. Le Centimètre d’Or entend relier ces étapes. Après les distinctions, c’est le parcours des bénéficiaires dans leurs ateliers qui donnera sa portée durable à cette volonté de soutenir la relève.