L’atelier de Thiès sur la transition énergétique et la revue de la feuille de route Électricité 2035 portent sur des dimensions complémentaires du secteur. Le premier met en discussion les objectifs et la participation des communautés ; la seconde suit les textes, les outils de planification et l’organisation du réseau. Les échéances évoquées ne désignent pas toutes des réalisations déjà acquises.

À Thiès, la place des communautés dans la transition

Une rencontre territoriale à Thiès a réuni des acteurs locaux autour d’un livret sur la transition énergétique juste et le JETP. L’objectif est de rendre les enjeux du programme plus accessibles aux communautés qui accueillent les projets, rapporte L’As.

Le document présente les droits des habitants, les moyens d’action des élus et des expériences de terrain, notamment à Malicounda. Les échanges abordent l’accès à l’électricité, le foncier, la protection des ressources naturelles et la participation des femmes.

Les organisations associées à cette démarche, dont NRGI, Energia, Women in Mining Sénégal et Synergie pour le développement, souhaitent que les communautés puissent mieux discuter les effets des investissements et faire connaître leurs besoins.

Le partenariat fixe notamment l’ambition de porter les énergies renouvelables à 40 % du mix électrique en 2030. L’électrification de plus de 8 500 localités figure aussi parmi les objectifs rappelés lors de la rencontre. Il s’agit de cibles annoncées, dont la réalisation dépend de la mise en œuvre des projets.

À Dakar, la poursuite des réformes après le Compact

La quatrième revue annuelle de la feuille de route Électricité 2035 se tient ce jeudi 22 octobre à Dakar. Cette rencontre doit permettre de faire le point sur les réformes du secteur et sur leur poursuite après le Compact Énergie, selon les informations rapportées par la RFM et l’agence APA.

L’exercice est associé au bilan du Projet Réforme du Senegal Power Compact, comme l’avait annoncé MCA-Sénégal II. Les travaux portent notamment sur l’amélioration du cadre juridique, le rôle du régulateur et le renforcement des capacités de Senelec.

Des outils de planification encore attendus

Selon APA, la finalisation du premier Plan intégré à moindre coût figure parmi les priorités, avec un achèvement envisagé en décembre 2026. L’adoption des règles du marché électrique et la mise en œuvre de l’accès des tiers au réseau de transport font également partie des étapes attendues.

La secrétaire permanente à l’Énergie, Oumy Khaïry Thiaw, a insisté sur la nécessité de préserver les acquis et de poursuivre les réformes au-delà de la fin du programme de coopération.

Pour les institutions concernées, l’enjeu est de disposer d’un cadre plus lisible pour les investissements et de renforcer durablement l’exploitation du réseau. La revue porte ainsi sur les textes et les outils, mais aussi sur leur appropriation par les acteurs nationaux.

Objectifs, règles et services rendus

Un objectif de part renouvelable décrit la composition recherchée de la production ou du système énergétique selon le périmètre retenu. L’électrification de localités concerne, elle, l’accès au service. Ces indicateurs ne se remplacent pas : une évolution du mix ne permet pas de déduire automatiquement combien de nouveaux ménages sont raccordés.

Les règles du marché et l’accès au réseau doivent, de leur côté, préciser les conditions dans lesquelles les acteurs pourront intervenir. La finalisation annoncée d’un plan en décembre constitue une échéance de travail, sans valoir adoption anticipée. Pour les ménages et les entreprises, le suivi devra porter sur les raccordements effectifs, la continuité du service et les conditions tarifaires annoncées par les organismes compétents.

La discussion publique sera d’autant plus utile que chaque objectif sera accompagné de son année de référence, de sa méthode de calcul et de son état d’avancement. C’est ce qui permettra de comparer les annonces successives sans confondre ambition et résultat.