À l’occasion du Gamou à Tivaouane, le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, a proposé la création de Coopératives productives solidaires (CPS) au sein des dahiras. Le projet entend s’appuyer sur leurs réseaux de solidarité et d’organisation pour favoriser des activités génératrices de revenus et l’emploi local.

Cette orientation a été présentée le 23 août 2026 lors d’un panel de la Commission Entrepreneuriat de la Cellule Zawiya Tidiane, consacré à la contribution des organisations communautaires à l’incubation des petites et moyennes entreprises.

Préserver la vocation religieuse

Selon le ministre, les dahiras disposent de ressources humaines, financières, relationnelles et organisationnelles qui pourraient être davantage mobilisées au service de l’autonomisation économique. Il a toutefois précisé que l’objectif n’était ni de transformer ces structures en entreprises ni d’altérer leur identité religieuse.

Les CPS-Dahiras seraient organisées autour d’activités correspondant aux besoins et aux potentialités des territoires. Le maraîchage, l’artisanat et la transformation agroalimentaire figurent parmi les secteurs évoqués dans le cadre de l’initiative « Une Dahira, une activité économique », lancée à Tivaouane le 16 août 2026.

Tivaouane envisagée comme site pilote

Tivaouane pourrait accueillir une première expérimentation. La démarche prévoit d’identifier les filières porteuses, les initiatives déjà existantes, les entrepreneurs et les besoins des communautés avant la mise en place des premières coopératives. Une évaluation devrait précéder toute extension vers d’autres foyers religieux du pays.

Le ministère envisage notamment des incubateurs d’économie sociale et solidaire dans les communes, des mécanismes de financement dédiés et des Boutiques solidaires pour faciliter l’accès aux marchés. Une convention de partenariat avec la Cellule Zawiya Tidiane est également envisagée afin d’accompagner la structuration des coopératives, l’incubation des jeunes et des femmes, le renforcement des compétences, l’accès au financement et la digitalisation.

Une réflexion également tournée vers la diaspora

Alioune Dione a aussi évoqué les dahiras établies hors du Sénégal. À Bilbao, en Espagne, il a échangé avec la Dahira Tidiane locale sur les perspectives de développement de l’économie sociale et solidaire au sein de la diaspora.