Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, tout en conservant une perspective négative. Les notations de court terme sont, elles, maintenues à « Not Prime » (NP).

L’agence justifie cette décision par des pressions de refinancement plus fortes, une capacité jugée affaiblie à faire face à la dette et des possibilités limitées de désendettement. Ces facteurs accroissent, selon elle, le risque d’un défaut de paiement.

Une dépendance accrue au marché régional

Moody’s souligne que l’absence prolongée d’un programme avec le Fonds monétaire international a conduit le Sénégal à s’appuyer davantage sur le marché régional. Les besoins de financement sont évalués à environ 25 % du PIB, une situation qui alourdit à la fois le risque de refinancement et la charge d’intérêts, dans un contexte de subventions élevées aux carburants.

L’agence prévoit que, même en cas d’ajustement budgétaire soutenu, la dette publique se stabiliserait autour de 100 % du PIB à l’horizon 2028. En incluant les entreprises publiques, la dette totale est estimée à environ 108 % du PIB. Le paiement annuel du principal représente environ 18 % du PIB, tandis que les intérêts sont passés de 16,1 % à 23,7 % des recettes de l’État entre 2023 et 2026.

Des négociations avec le FMI en cours

Cette dégradation intervient alors qu’une mission du FMI est annoncée à Dakar du 19 août au 1er septembre afin de poursuivre les discussions avec les autorités sur un nouveau programme. Moody’s estime qu’un accord avec le Fonds, ou un reprofilage limité de la dette, pourrait contribuer à stabiliser les perspectives.

À l’inverse, l’échec des négociations, une restructuration plus large, une baisse de l’accès au marché régional ou une détérioration des conditions sociales et sécuritaires pourraient entraîner une nouvelle baisse de la note, selon l’agence.

Le soutien de l’UEMOA relevé par Moody’s

Moody’s considère l’appartenance du Sénégal à l’UEMOA comme un facteur de soutien. L’arrimage du franc CFA à l’euro et les réserves de change régionales, proches de 38 milliards de dollars à fin mai 2026 selon l’agence, limiteraient les risques de crise de change ou de balance des paiements. Cet élément a notamment contribué à limiter la dégradation à un seul cran.