Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2. Cette décision, rapportée le 28 août, intervient dans un contexte de pressions accrues sur le refinancement du pays.
L’agence de notation maintient par ailleurs une perspective négative. La catégorie Caa2 place désormais le Sénégal parmi les signatures de crédit considérées comme très spéculatives.
Les facteurs cités par l’agence
Selon les éléments rapportés, Moody’s justifie sa décision par les difficultés liées à la dette et par des besoins bruts de financement élevés. L’absence prolongée d’un programme avec le Fonds monétaire international figure également parmi les éléments évoqués.
L’augmentation du poids des intérêts de la dette est aussi mentionnée dans l’analyse attribuée à l’agence. Ces facteurs alimentent, selon Moody’s, les risques entourant la capacité de refinancement du Sénégal.
Une décision contestée
Babo Amadou Ba, ancien directeur général du 3FPT, rejette l’appréciation de Moody’s. Il considère que l’analyse de l’agence est spéculative, subjective et biaisée, estimant notamment que les choix du Sénégal en matière de transparence et de gestion des finances publiques ne sont pas suffisamment pris en compte.
D’après son décompte, il s’agit de la quatrième dégradation en moins de deux ans, après des passages de B1 à B3, puis à Caa1 avant le niveau actuel de Caa2.
Une perspective toujours négative
La nouvelle note et le maintien de la perspective négative traduisent les préoccupations formulées par Moody’s sur le financement et la dette. Babo Amadou Ba conteste toutefois l’interprétation de ces données par l’agence, sans remettre en cause les éléments de contexte cités dans sa réaction.