Le Sénégal et les services du Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau technique en vue d’un nouveau programme de trois ans. D’après les informations rapportées par L’Observateur et reprises par Dakaractu, les décaissements envisagés atteindraient environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 243 milliards de FCFA.
Cette étape ne constitue pas encore une approbation définitive. Le projet doit être examiné par le Conseil d’administration du FMI. Après cette approbation, un premier financement intervient habituellement, avant des revues organisées tous les six mois, susceptibles de conditionner les versements suivants.
Dette et redressement budgétaire
Le traitement de la dette publique figure au centre des discussions. Majdi Debbich, représentant résident du FMI au Sénégal, indique que l’institution travaille avec la Banque mondiale sur l’analyse de la viabilité de la dette et du risque de surendettement.
Selon les chiffres qu’il a cités, la dette s’élevait autour de 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024, puis à environ 125 % à la fin de 2025. La charge des intérêts pèserait également sur les finances publiques : près d’un quart des recettes fiscales y serait consacré, limitant les ressources disponibles pour l’investissement public et les dépenses sociales prioritaires.
Le futur programme doit donc reposer sur un redressement des finances publiques et sur une trajectoire budgétaire jugée compatible avec le rétablissement de la viabilité de la dette à moyen terme. Les échanges ont aussi porté sur les irrégularités de déclaration de dette, après des travaux menés notamment par l’Inspection générale des finances, la Cour des comptes et le cabinet Mazars.
Les subventions énergétiques en question
Les subventions à l’énergie constituent un autre volet majeur. Le FMI ne préconise pas nécessairement leur suppression, mais appelle à un meilleur ciblage. Selon Majdi Debbich, le dispositif bénéficie actuellement à tous les consommateurs, avec un avantage plus important pour les ménages dont la consommation énergétique est la plus élevée.
Ces subventions pourraient dépasser 800 milliards de FCFA en 2026, alors qu’un peu plus de 300 milliards de FCFA étaient prévus dans la loi de finances. L’enjeu affiché est d’améliorer l’efficacité du mécanisme tout en orientant davantage l’aide vers les populations vulnérables.
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