Moody’s a abaissé le 28 août 2026 la note de crédit souveraine du Sénégal de Caa1 à Caa2, tout en maintenant une perspective négative. La décision est notamment liée, selon l’agence de notation citée par Dakaractu, à l’augmentation des pressions de refinancement, à une capacité affaiblie à assurer le service de la dette et à des perspectives limitées de désendettement.
Dans ce contexte, Thierno Alassane Sall, président de République des Valeurs, met en cause les tensions entre Kiiraay, présenté comme le parti présidentiel lancé fin juillet par Bassirou Diomaye Faye, et Pastef. L’opposant considère que cette confrontation a nourri une crise de confiance des marchés et participé à la dégradation des conditions de vie de la population.
Des risques financiers mis en avant
D’après les éléments attribués à Moody’s, le risque de défaut est accru par les difficultés de financement. Le Sénégal doit couvrir des besoins représentant près de 25 % du PIB, dans un environnement marqué par l’absence prolongée d’un programme avec le FMI et par le poids des subventions aux carburants.
L’agence relève également des tensions institutionnelles entre l’exécutif et le Parlement. Celles-ci sont rattachées au limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature et à son élection à la tête de l’Assemblée nationale. Moody’s estime que cette situation peut provoquer des retards dans l’application des mesures budgétaires.
La critique de l’opposant
Thierno Alassane Sall attribue une part de la situation à ce qu’il décrit comme une rivalité fratricide entre les deux formations. Il reproche à Pastef de concentrer son action sur la vente de cartes militantes et accuse Kiiraay de privilégier les ralliements politiques.
L’ancien ministre appelle les citoyens à tenir compte, lors des prochains scrutins, de ce qu’il présente comme la responsabilité de l’exécutif et du Parlement dans les difficultés traversées par la population. Ces appréciations relèvent de sa position politique et ne constituent pas les motifs financiers détaillés par Moody’s.