La convention entre l’ANAQ-Sup et l’OFNAC, annoncée le 23 octobre, et l’intervention de l’ANSTS sur l’intelligence artificielle abordent deux questions complémentaires : l’intégrité des institutions et celle du travail scientifique. Elles rappellent que la qualité d’un résultat dépend aussi des procédures, de la traçabilité et des responsabilités.

ANAQ-Sup et OFNAC : un cadre de coopération

L’ANAQ-Sup et l’OFNAC ont signé un accord-cadre de partenariat le vendredi 23 octobre 2026. Selon Libération, les deux institutions souhaitent mieux intégrer l’éthique, la transparence et la responsabilité dans la gouvernance de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La cérémonie a réuni Moustapha Ka, président de l’OFNAC, et le professeur Massamba Diouf, secrétaire exécutif de l’ANAQ-Sup. Les responsables défendent un lien étroit entre qualité des formations et intégrité des établissements.

Un comité mixte doit élaborer et suivre des feuilles de route annuelles. Les premières priorités annoncées portent sur l’identification des risques institutionnels, l’amélioration des guides d’évaluation et la formation des acteurs académiques.

Le partenariat concerne les établissements d’enseignement supérieur, les écoles doctorales et les centres de recherche. Il vise à renforcer les pratiques de prévention et de gouvernance ; la signature de la convention ne constitue pas une accusation de corruption contre un établissement particulier.

ANSTS : vérifier les résultats et reconnaître les contributions

L'usage de l'intelligence artificielle générative ne doit pas affaiblir l'intégrité scientifique, estime Ousmane Kane, vice-président de l'Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal. Selon l'APS, il est intervenu le 21 octobre à l'occasion de la Journée mondiale de l'éthique pour rappeler les exigences qui doivent accompagner ces outils.

Il met en avant la vérification des résultats, la transparence des méthodes et l'attribution des contributions. La traçabilité du travail et la responsabilité humaine font également partie des principes qu'il défend. Son intervention souligne notamment les questions de fiabilité des informations et de reconnaissance du travail d'autrui soulevées par les outils génératifs.

Aux jeunes chercheurs, Ousmane Kane demande de privilégier la rigueur et l'honnêteté intellectuelle plutôt que la rapidité de publication. Dans son propos, le recours à l'IA ne dispense pas d'examiner les résultats obtenus ni de rendre compte de la manière dont ils ont été produits.

Des engagements à traduire en pratiques vérifiables

Une convention fixe un cadre de coopération. Elle ne prouve pas, à elle seule, qu’une cartographie des risques est terminée ou que les personnels concernés ont déjà été formés. Le suivi devra préciser les actions engagées, les responsables désignés et les outils effectivement mis à disposition des établissements.

Dans la recherche, une formulation nouvelle ne suffit pas à établir une découverte originale. La distinction entre une idée, une donnée et une présentation est essentielle : reformuler un résultat extérieur n’en change pas l’origine. L’attribution des contributions permet au lecteur de comprendre ce qui a été produit, repris ou vérifié.

L’exigence formulée par l’ANSTS rejoint ainsi un besoin concret de documentation. Conserver les références, expliquer une méthode et vérifier les résultats rendent un travail contrôlable. L’usage d’un outil génératif ne dispense d’aucune de ces étapes et ne transfère pas la responsabilité de la publication à l’outil.