Jigiyasô – La Maison de l’Espoir a lancé une plateforme numérique visant à rendre plus accessible l’information et l’accompagnement des enfants à besoins spécifiques. L’initiative entend notamment aider les familles à identifier des spécialistes, obtenir un diagnostic ou trouver un établissement scolaire adapté.

La cérémonie officielle, organisée samedi, a rassemblé des professionnels, des familles, des associations et des représentants institutionnels. Les discussions ont notamment porté sur les difficultés rencontrées par les parents pour s’orienter dans un dispositif pédiatrique qui ne répond pas toujours à leurs attentes.

Mieux relier les familles et les intervenants

La plateforme doit rapprocher les familles des professionnels disponibles au Sénégal, y compris pour les personnes vivant à distance des grands centres urbains. Selon Ida Gnintoungbe, présidente de l’association et consultante en transformation numérique, le projet cherche à réduire l’isolement lié au manque d’informations et aux obstacles d’orientation.

Jigiyasô prévoit d’aller au-delà d’un simple répertoire de contacts. L’association souhaite construire progressivement un réseau réunissant familles, soignants, établissements scolaires, associations et institutions. Cette coordination est présentée comme un moyen de renforcer la prise en charge et l’autonomisation des enfants concernés.

Un enjeu également porté dans les politiques publiques

La rencontre a évoqué plusieurs situations nécessitant un accompagnement renforcé ou liées au développement neurologique, parmi lesquelles l’infirmité motrice cérébrale, la trisomie 21, les troubles du spectre de l’autisme et le TDAH.

La question de l’inclusion est aussi abordée dans le cadre de la Stratégie nationale de protection sociale 2016-2035. La CAPE participe aux échanges sur l’intégration des enfants à besoins spécifiques dans cette stratégie et défend la mise en place d’un paquet de services qui leur serait destiné. L’accès aux soins, à la scolarisation, à des interlocuteurs identifiés et à un suivi adapté est ainsi présenté comme relevant à la fois des initiatives associatives et des politiques de protection sociale.

Une collaboration attendue avec les pouvoirs publics

Représentant le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Daouda Yatte, chef de bureau législation à la Direction de la promotion des droits et de la protection des enfants, a salué le lancement de la plateforme. Il a indiqué que le ministère était disposé à accompagner la démarche, alors que l’association sollicite un partenariat avec les pouvoirs publics.

Les modalités de cette collaboration restent à définir avec les structures compétentes, dont la Direction générale de l’Action sociale. Jigiyasô annonce par ailleurs vouloir poursuivre les échanges avec les professionnels de santé, les écoles, les ONG, les institutions et les partenaires techniques et financiers.