Le professeur Souleymane Niang est décédé le 30 août 2010 à Toulouse, en France, à l’âge de 81 ans, des suites d’une maladie. Mathématicien et acteur majeur de l’enseignement supérieur sénégalais, il a laissé une empreinte durable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Professeur titulaire de classe exceptionnelle en mathématiques-mécanique, il a été le premier doyen de la Faculté des sciences et techniques, fonction qu’il a exercée jusqu’en 1985. Il a ensuite dirigé l’UCAD de 1986 à 1998. Son parcours lui a valu le titre de recteur honoraire de l’université, attribué par le décret n°2006-965 du 26 septembre 2006.

Douze années à la tête de l’UCAD

La période durant laquelle Souleymane Niang a dirigé l’université dakaroise a été marquée par des choix présentés comme structurants pour l’institution. La réforme de 1994, la Bibliothèque universitaire et la formation payante à l’UCAD figurent parmi les réalisations associées à son action.

Son mandat a aussi traversé les années blanche et invalide de 1988 et 1994. Lors de la grève des enseignants en 1989, il s’était rendu à une assemblée générale du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) afin d’y défendre sa position, avant que les travaux ne se poursuivent après son départ.

Une reconnaissance scientifique au-delà du Sénégal

La stature de Souleymane Niang reposait également sur ses travaux et sa réputation de spécialiste des mathématiques et de la mécanique. Il était sollicité par des universités africaines ainsi que par de grandes institutions internationales, selon les éléments rapportés sur son parcours.

Membre fondateur de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, il est aussi présenté comme l’un des artisans de la structuration de la communauté scientifique africaine. L’ancien président de cette académie, Doudou Bâ, le décrivait notamment comme un père fondateur de l’Union africaine de mathématiques.

Une université ouverte sur son environnement

Souleymane Niang défendait une conception de l’UCAD comme pôle régional de coopération africaine et comme espace de formation des compétences au Sénégal et sur le continent. Dans un discours repris en mai 2008 par le journal de l’UCAD, il appelait les établissements d’enseignement supérieur à revoir leurs missions et leurs stratégies face aux mutations liées à la mondialisation.

Sa vision associait l’ouverture internationale, les échanges scientifiques et l’attention portée à l’environnement de l’université.