L’écotourisme lié aux oiseaux migrateurs constitue une source de revenus pour des communautés riveraines de zones humides au Sénégal. Cette activité repose sur des sites côtiers et continentaux qui accueillent les oiseaux pour leur alimentation, leur repos et leur hivernage.

Le suivi national des oiseaux couvre 37 sites, répartis en 219 secteurs. Lors d’un atelier consacré à la conservation des zones humides et des oiseaux migrateurs à Ndagane, l’ornithologue Khady Guèye, coordinatrice de programmes à Wetlands International, a souligné l’attractivité touristique associée à leur présence.

Palmarin, entre visites et emplois saisonniers

À la réserve naturelle de Palmarin, l’observation des goélands, sternes et barges, notamment sur le site de Niasse, attire spécialistes et passionnés. Lamine Loum, adjoint au conservateur, présente la préservation de ces espaces comme une ressource pour l’écotourisme.

La réserve est cogérée par un comité villageois et les services de l’État. Ce dispositif associe quatre villages sur une superficie de 10 400 hectares. Un forfait réglementé s’applique aux visites touristiques, scientifiques et scolaires. Les recettes et la fréquentation soutiennent des emplois dans le guidage, le transport et l’accueil, particulièrement lorsque l’extraction artisanale du sel ralentit durant la saison des pluies.

Hors hivernage, la réserve accueille entre 400 et 1 000 visiteurs par mois, selon les périodes.

Des milieux naturels sous pression

Le consultant en environnement Moustapha Sène cite le drainage, la mise en valeur des terres, la pollution et la surexploitation des espèces marines parmi les pressions exercées sur les zones humides. Il estime également que la dégradation de la mangrove et l’érosion du littoral font baisser les rendements de la pêche et exposent les infrastructures touristiques.

Dans le nord du pays, le Parc national des Oiseaux du Djoudj fait aussi l’objet d’une stratégie de valorisation. Le 15 janvier 2026, le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf y a mis en avant les intérêts écologique et touristique du site, tout en annonçant de nouvelles infrastructures. L’enjeu est de concilier la protection des habitats des migrateurs avec les retombées économiques attendues pour les territoires riverains.