Une journée de consultations gratuites consacrée aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) s’est tenue le jeudi 29 octobre au centre de santé Ousmane Ngom de Saint-Louis. Organisée par l’Association sénégalaise de soutien aux patients et familles victimes d’AVC (ASP-AVC), à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les AVC, elle a reçu une quarantaine de patients à midi.

Au-delà des consultations, la mobilisation a proposé un dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète, des contrôles de santé ainsi que des dons de médicaments. Elle a aussi remis au premier plan la difficulté du suivi médical pour des personnes ayant subi un AVC, dans une région où le nombre de spécialistes demeure limité.

Des parcours de soins parfois interrompus

La neurologue de l’hôpital régional de Saint-Louis, Mame Maimouna Diaw Santos, a assuré les consultations durant cette journée. Elle a indiqué que la plupart des personnes reçues étaient âgées et que certaines n’avaient pas consulté en neurologie depuis plus de huit ans.

Selon la praticienne, les AVC représentent une part importante de l’activité de neurologie : quatre patients sur dix qu’elle reçoit dans cette spécialité sont concernés par cette pathologie. Cette proportion, rapportée lors de la journée, illustre le poids des AVC parmi les motifs de consultation neurologique à Saint-Louis.

La médecin a également déclaré être la seule neurologue présente dans la région depuis juin 2021. Elle estime que cette situation ne permet pas de répondre à l’ensemble des besoins des patients et appelle à renforcer les effectifs spécialisés.

Prévention et accompagnement au cœur de la mobilisation

Les consultations ont été accompagnées d’actions de prévention. L’hypertension artérielle, le diabète et la sédentarité figurent parmi les facteurs de risque évoqués au cours de l’événement. Le dépistage de l’hypertension et du diabète était donc intégré au dispositif, de même que les conseils liés au suivi de ces maladies et à l’activité physique régulière.

Pour Nafissatou Diop, présidente régionale des Badianou Gokh de Saint-Louis et membre du comité de l’ASP-AVC, la sensibilisation doit se prolonger au-delà de la seule date du 29 octobre. Elle a également souligné la nécessité d’accompagner les patients touchés par une perte d’autonomie ou des troubles de la mémoire.

Un besoin de suivi régulier

La journée a offert un accès ponctuel à un neurologue et à des examens de dépistage pour les personnes présentes. Elle a surtout mis en évidence l’enjeu d’une prise en charge suivie des victimes d’AVC, alors que certains patients restent plusieurs années sans consultation neurologique.

Le renforcement du personnel spécialisé apparaît ainsi comme un élément central pour améliorer l’accès aux soins dans la région, en complément des actions de prévention et de sensibilisation portées par les professionnels de santé et les acteurs communautaires.