Momar Ndiaye a appelé la Ville de Dakar à accompagner la démolition des bâtiments menaçant ruine par des mesures de relogement et de reconstruction. Dans une lettre ouverte adressée au maire Abass Fall et publiée le 28 août 2026, le directeur de l’Aménagement urbain et de la Restructuration estime que l’exigence de sécurité ne doit pas se limiter à la destruction des immeubles dangereux.
Il salue l’opération engagée par la municipalité pour protéger les occupants des constructions à risque. Mais, selon lui, l’évacuation de familles sans solution d’hébergement peut les conduire à vivre chez des proches, dans la rue ou dans d’autres logements précaires. Il souligne aussi les difficultés que peuvent rencontrer les propriétaires et ayants droit ne disposant pas des moyens nécessaires pour reconstruire.
Un renouvellement urbain plutôt qu’une action isolée
Pour Momar Ndiaye, les démolitions devraient être intégrées à une politique de renouvellement urbain. Il fait référence au Code de l’urbanisme issu de la loi n°2023-20 du 29 décembre 2023. D’après lui, les articles L.189 et L.190 portent sur le renouvellement urbain, tandis que l’article L.191 permet à une commune d’initier une telle opération par une délibération de son conseil municipal.
Le candidat propose que la Médina serve de première expérience, en raison de l’importance du bâti ancien et dégradé dans cette zone. Son projet prévoit une reconstruction en hauteur, immeuble par immeuble, avec une restitution de logements aux propriétaires et aux ayants droit.
Relogement temporaire et réserve communale
Il préconise également une opération menée par étapes afin d’assurer un relogement temporaire des ménages concernés pendant les travaux. Les familles vulnérables devraient, selon lui, faire l’objet d’une attention spécifique. Il suggère à cet effet la constitution d’une réserve de logements communaux pour répondre notamment aux situations d’urgence.
Momar Ndiaye interroge enfin le devenir des terrains libérés après les démolitions. Il alerte sur le risque d’occupations anarchiques lorsque ces espaces restent vacants. Il défend ainsi des projets de transformation et de valorisation urbaine, pouvant s’appuyer sur des partenariats public-privé, plutôt que des démolitions menées sans suite prévue.