La lutte contre l’immigration irrégulière ne peut pas se limiter aux campagnes de prévention. C’est le message porté par Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, lors de la cérémonie de clôture du tournage du film « Au-delà des mirages », organisée jeudi 3 septembre au Port autonome de Dakar.
Évoquant les données relatives aux départs clandestins, le ministre a jugé urgente une réponse plus large, intégrant des perspectives d’avenir pour les jeunes confrontés au désespoir. Il a aussi salué la participation des forces de sécurité intérieure aux actions de sensibilisation conduites par le cinéma, estimant que cette lutte requiert une mobilisation de l’ensemble de la société.
Un film pour informer sur les risques
Réalisé après trois mois de tournage, « Au-delà des mirages » a bénéficié d’un financement conjoint de l’Union européenne et du Programme opérationnel conjoint phase II, pour un investissement annoncé de plus de 300 millions de francs CFA.
Damien Desquiens, chef de la section politique de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, a indiqué que le film devait apporter une information fiable aux personnes envisageant un départ et les aider à mesurer les conséquences de leurs choix. Il a également appelé à une action coordonnée des autorités afin de développer les opportunités offertes à la jeunesse.
Déconstruire une vision idéalisée de l’Europe
Le réalisateur Amary Fall présente l’œuvre comme un outil destiné à remettre en question l’image idéalisée de l’Europe, tout en exposant les réalités de l’immigration. Le projet entend combiner divertissement et sensibilisation pour nourrir le débat public sur le phénomène.
La production s’appuie sur une équipe technique sénégalaise et rassemble des acteurs originaires du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.
Le débat sur les départs clandestins renvoie aussi aux difficultés économiques rencontrées dans certaines localités côtières. À Thiaroye-sur-Mer, le député Guy Marius Sagna a plaidé pour des réponses structurelles et annoncé son intention d’interpeller le gouvernement et la CEDEAO. Sur la Petite Côte, la raréfaction du poisson a fragilisé l’activité de jeunes pêcheurs et alimenté l’exode, selon les éléments rapportés.
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