Al Aminou Lô défend le projet de loi de finances rectificative après son rejet en commission à l’Assemblée nationale. Lors de sa conférence de presse du dimanche 25 octobre, le Premier ministre a présenté les ajustements comme une réponse aux contraintes de recettes, d’énergie et de financement. Libération revient sur cette intervention dans son édition du 26 octobre.

Le gouvernement annonce 340 milliards de francs CFA de recettes attendues en moins et environ 540 milliards de charges supplémentaires. Il explique la réduction de 555 milliards des crédits d’investissement par le report de dépenses qui ne pourraient pas être exécutées avant la clôture de l’exercice. Les autorisations d’engagement seraient préservées. Une enveloppe de 300 milliards doit contribuer au règlement des arriérés, notamment pour redonner de la trésorerie aux entreprises du BTP.

Le chef du gouvernement demande aux députés de proposer des amendements précis. Il se dit disponible pour poursuivre les discussions avec le président de l’Assemblée nationale et les parlementaires, en présence des ministres et des techniciens concernés. Le groupe Pastef maintient, de son côté, ses objections sur les priorités sociales et la transparence.

La distinction entre engagement et paiement constitue le cœur technique de cette discussion. Un projet peut rester inscrit dans une programmation pluriannuelle sans recevoir immédiatement tous les moyens nécessaires à son exécution. Le maintien d’une autorisation conserve une possibilité budgétaire ; il ne vaut donc pas, à lui seul, décaissement, démarrage de chantier ou livraison d’un équipement. Pour les habitants concernés, c’est le calendrier concret des travaux qui permet de mesurer la portée du report.

Le règlement des créances publiques soulève un autre enjeu. Une entreprise peut avoir réalisé une prestation et pourtant manquer de liquidités pour payer ses fournisseurs ou ses salariés. L’annonce d’une enveloppe destinée aux arriérés répond à cette difficulté, mais son effet dépend de l’identification des créances et de la réalisation effective des paiements.

Le désaccord porte ainsi sur deux temporalités : répondre aux dépenses immédiatement exigibles et préserver les investissements attendus dans les territoires. Le débat parlementaire doit permettre de rendre ces arbitrages lisibles, projet par projet, sans confondre crédits annoncés, dépenses autorisées et réalisations déjà achevées.

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