Grey a lancé une fonctionnalité de paiement en yuan chinois (CNY) qui permet à ses clients de transférer directement des fonds vers des comptes bancaires en Chine. Les montants peuvent être convertis depuis des soldes détenus en dollar américain, euro, livre sterling ou stablecoins.
La fintech indique que ce service est accessible aux clients particuliers et à Grey Business. Pour les entreprises, il doit notamment servir au règlement de fournisseurs et de fabricants chinois. Les particuliers peuvent l’utiliser pour des frais d’études, de voyage ou des achats de détail en Chine.
Réduire les étapes de paiement
Le directeur général et cofondateur de Grey, Idorenyin Obong, affirme que des clients ont retardé des achats ou renoncé à des opportunités en raison de la complexité des paiements à des partenaires établis en Chine. La nouvelle offre entend ainsi permettre un règlement dans la devise locale du bénéficiaire à partir de fonds déjà disponibles sur la plateforme.
Grey avait lancé sa plateforme destinée aux entreprises en février. Elle propose notamment des comptes professionnels en dollars, des paiements internationaux, des conversions de devises et des transactions en stablecoins. En juin, l’entreprise a déclaré avoir traité 61,4 millions de dollars de volume de paiements ; les stablecoins adossés au dollar USDC et USDT constituaient alors sa principale part des transactions transfrontalières.
Un corridor commercial majeur
Cette initiative intervient dans un contexte d’importations africaines importantes depuis la Chine. Au Nigeria, la Chine représentait 31,22 % des importations au quatrième trimestre 2025, selon le Bureau national des statistiques cité par TechCabal. Le pays importe notamment des équipements électroniques, des machines et des véhicules de fournisseurs chinois.
Les données reprises par TechCabal font état de 13,03 milliards de dollars d’importations nigérianes depuis la Chine en 2025, contre 23,57 milliards pour l’Afrique du Sud. Le Kenya a importé environ 4,31 milliards de dollars de marchandises chinoises en 2024.
Grey rejoint un segment déjà investi par d’autres acteurs : LemFi propose des transferts en yuan vers la Chine, tandis que Raenest mentionne la Chine parmi ses destinations de paiement international. Daya, fintech nigériane utilisant les stablecoins, cible également les règlements commerciaux tournés vers les marchés émergents, notamment la Chine et Hong Kong.
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