« Sodade », l’un des titres associés à Cesária Évora, porte la mémoire d’une page longtemps méconnue de l’histoire cap-verdienne. Diffusée dans le monde entier à partir des années 1990 grâce à la chanteuse, cette chanson a remis en lumière l’exil de nombreux habitants du Cap-Vert vers São Tomé.
Écrite dans les années 1950, l’œuvre évoque le destin de dizaines de milliers de Cap-Verdiens envoyés comme main-d’œuvre à São Tomé, alors sous colonisation portugaise. Le déplacement vers l’archipel est ainsi présenté comme un chemin d’exil, au cœur du sentiment de nostalgie exprimé par le titre.
Une chanson liée à une histoire coloniale
La popularité internationale acquise par « Sodade » dans les années 1990 a donné une nouvelle visibilité à cette réalité historique. À travers ce morceau, l’histoire des travailleurs cap-verdiens déplacés à São Tomé a trouvé un écho bien au-delà du Cap-Vert.
Le titre relie ainsi la musique à la mémoire d’une migration contrainte par le besoin de main-d’œuvre sous l’administration coloniale portugaise.