La note souveraine du Sénégal a été abaissée à Caa2 par Moody’s, assortie d’une perspective négative. Cette décision prolonge une série de dégradations intervenues depuis octobre 2024, dans un contexte marqué par le dossier de la dette cachée et par des désaccords publics entre l’agence et les autorités sénégalaises.

Une dégradation en plusieurs étapes

Le 4 octobre 2024, Moody’s avait attribué la note B1 au Sénégal. En février 2025, l’agence l’avait ramenée à B3, avec une perspective négative. Une nouvelle baisse était ensuite intervenue en octobre 2025 : la note avait alors été fixée à Caa1, toujours accompagnée d’une perspective négative.

La notation Caa2 constitue ainsi la quatrième évaluation citée sur cette période, après B1, B3 et Caa1. À chaque étape mentionnée depuis février 2025, la perspective retenue par l’agence est restée négative.

Le désaccord du gouvernement

Lors de la dégradation d’octobre 2025, du niveau B3 à Caa1, le ministère des Finances et du Budget avait publiquement contesté l’analyse de Moody’s. Le gouvernement estimait alors que cette décision reposait sur des hypothèses qu’il jugeait spéculatives, subjectives et biaisées.

Les autorités avaient soutenu que la note ne rendait pas compte des fondamentaux économiques du pays ni des mesures engagées pour la stabilité budgétaire et la soutenabilité de la dette. Elles avaient notamment mis en avant le Plan de redressement économique et social, ainsi que l’adoption par l’Assemblée nationale de révisions du Code général des impôts et d’un nouveau Code des investissements.

Le gouvernement avait également reproché à l’agence de s’appuyer sur des justifications qu’il considérait partielles et prématurées, ainsi que sur des sources non divulguées. La nouvelle note Caa2 intervient donc dans une relation déjà marquée par cette contestation officielle de la méthodologie de Moody’s.