Les preuves disponibles ne suffisent pas à reconstituer l’évolution de l’inflation et des prix à la consommation sur dix ans. Elles ne fournissent ni série annuelle ou mensuelle d’indice des prix, ni panier de consommation, ni taux d’inflation couvrant une période comparable. Le périmètre documenté est plus restreint : celui des prix administrés des carburants automobiles, ajustés à compter du 15 août 2026.
Avant le 15 août 2026 : 920 F CFA pour le super, 680 F CFA pour le gasoil
Dans un communiqué daté du 14 août 2026, le Gouvernement du Sénégal annonce une hausse applicable le lendemain. Le litre de supercarburant est fixé à 990 F CFA, soit 70 F CFA de plus. Cela implique un prix immédiatement antérieur de 920 F CFA le litre.
Le gasoil est pour sa part fixé à 755 F CFA le litre, soit une hausse de 75 F CFA. Son prix immédiatement antérieur ressort donc à 680 F CFA le litre.
- Supercarburant : de 920 à 990 F CFA le litre, soit +70 F CFA.
- Gasoil : de 680 à 755 F CFA le litre, soit +75 F CFA.
Après le 15 août : un retour au niveau antérieur à la baisse de décembre 2025
Le Gouvernement indique que cet ajustement ramène les deux prix « à leur niveau d’avant la baisse » décidée le 6 décembre 2025. Le communiqué ne donne pas, dans l’extrait disponible, les prix exacts issus de cette baisse de décembre ni la date à laquelle les tarifs de 920 F CFA et 680 F CFA étaient entrés en vigueur. La comparaison certaine se limite donc à l’écart annoncé pour le 15 août 2026 et au constat d’un retour aux niveaux précédant la mesure de décembre 2025.
Les autres produits pétroliers sont déclarés inchangés dans ce même communiqué, y compris le gaz et l’essence utilisée pour les pirogues.
Ce que ces chiffres disent — et ne disent pas — du coût de la vie
Une hausse des carburants peut peser directement sur le budget des automobilistes et indirectement sur des activités dépendantes du transport. Mais elle ne mesure pas à elle seule l’inflation : celle-ci porte sur l’évolution d’un ensemble de biens et services consommés par les ménages, selon une méthode statistique et sur une période définie.
Le communiqué gouvernemental relie la décision à une hausse des cours mondiaux du pétrole depuis le début d’un conflit au Moyen-Orient, le 28 février 2026. Il évoque aussi un effort de subvention publique de plus de 245 milliards de F CFA depuis le début de l’année 2026 pour le secteur des carburants. Ces éléments décrivent la justification avancée par l’État pour cet ajustement ; ils ne constituent pas une série d’inflation nationale.
Selon le Gouvernement, même après la hausse, les prix à la pompe demeurent inférieurs au coût réel d’importation qu’il évalue à 1 019 F CFA pour le supercarburant et à 1 044 F CFA pour le gasoil. Le document estime que l’ajustement allège la charge publique d’environ 9,7 milliards de F CFA sur un mois.
Ce qu’il faudrait pour un véritable bilan sur dix ans
Pour répondre rigoureusement à la question de l’évolution des prix au Sénégal sur une décennie, il faudrait disposer d’une série homogène de l’indice des prix à la consommation, avec sa base, sa couverture géographique, la composition du panier, les variations annuelles et mensuelles, ainsi que les éventuels changements méthodologiques. Aucun de ces éléments n’apparaît dans les documents fournis.
Le constat documenté est donc limité mais précis : entre le tarif immédiatement antérieur et celui entré en vigueur le 15 août 2026, le litre de supercarburant a augmenté de 70 F CFA et celui de gasoil de 75 F CFA. Cette évolution sectorielle ne peut pas être assimilée, à elle seule, à l’inflation au Sénégal sur dix ans.
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